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Revue de presse française

Les opinions, les points de vue et les avis souvent divergents des éditorialistes et des commentateurs sur l'actualité française et internationale. Présentée par Frédéric Couteau du lundi au jeudi, par Norbert Navarro le vendredi et le samedi, ainsi que la revue de presse des hebdos le dimanche.

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À la Une : +15%

C’est l’augmentation des prix du gaz et de l’électricité à partir de janvier, augmentation annoncée le 14 septembre par la Première ministre, Élisabeth Borne.« Mauvaise nouvelle, s’exclame Libération : +15%. C’est beaucoup. C’était +4 jusqu’ici, grâce au bouclier tarifaire créé fin 2021. Sans lui, la hausse des prix de l’énergie aurait déjà touché depuis longtemps et dans d’autres proportions les ménages, comme c’est par exemple le cas au Royaume-Uni. La bonne nouvelle, poursuit Libération : ce bouclier va être maintenu en 2023, dans une version réduite certes, mais maintenu. Il est par ailleurs doublé pour amortir encore un peu plus le choc pour les 12 millions de foyers les plus modestes d’une prime exceptionnelle ou chèque énergie versé d’ici la fin de cette année. Le pari du gouvernement : protéger tout le monde tout en envoyant un signe aux plus fragiles. Il en faudra plus pour qu’Emmanuel Macron se débarrasse de son étiquette de président des riches, conclut Libé, mais c’est un début. »Moindre mal…« Soyons honnêtes, lance Le Figaro : ces augmentations, que l’on aurait jugées hors de proportion, intolérables, en d’autres temps, sont un moindre mal. Nos voisins peuvent en témoigner, eux qui supportent un doublement, parfois plus, de leurs tarifs. Si pénibles soient-elles, ces hausses marquent un premier pas - fort modeste - sur le chemin de la responsabilisation des Français. Une fois n’est pas coutume, l’État leur demande de prendre leur infime part du fardeau. Au rythme où se creuse le déficit et où s’accumule la dette publique (bientôt 3 000 milliards d’euros, que nous léguerons aux générations futures), il était temps. »Alors, à qui la faute ? « Certes, pointe L’Opinion, il y a la guerre en Ukraine et la privation du gaz russe. Certes, il y a l’explosion des prix du pétrole qui risque de prendre à la gorge de nombreux Français. Mais que penser d’une Nation, jadis fière de son leadership mondial en matière atomique, qui regarde aujourd’hui décliner son outil industriel ? Voir la moitié de notre parc de centrales nucléaires à l’arrêt cet automne en dit long sur la réalité du déclassement français. »Tous coupables !En fait, « tous coupables », s’exclament Les Échos : « Au-delà de Vladimir Poutine, la responsabilité des gouvernants étant de prévoir, ce sont bien sûr eux les principaux coupables. Comment a-t-on pu perdre autant de temps pour relancer le nucléaire et lancer les énergies renouvelables ? (…) EDF est tout aussi coupable d’incompétence à grande échelle, pointe encore le quotidien économique. Le vieillissement du parc nucléaire et l’entretien n’ont incontestablement pas été anticipés correctement. Mais une bonne partie des médias qui ont diabolisé le nucléaire pendant des années et caricaturé les débats de fond portent, eux aussi, une part de responsabilité, affirment encore Les Échos. Il fallait élever le débat. Ils l’ont trop souvent rabaissé en faisant croire que tout était simple. Quant aux consommateurs citoyens qui ont cru que l’énergie serait toujours abondante et abordable, ils n’ont jamais vraiment cherché à faire des économies d’énergie une priorité, pointe le quotidien. À part les plus pauvres qui peinent à se chauffer ou à se payer un plein, nous avons considéré que sobriété rimait avec "se priver" et nous n’avons guère agi. »En tout cas, pour La Croix, deux mots à retenir : résilience et sobriété… « La résilience passera, quoi qu’il en soit, par la maîtrise de la consommation, estime La Croix. La menace russe agit à cet égard comme un accélérateur de l’indispensable transformation de nos usages, rendue déjà nécessaire pour contrer le changement climatique. La sobriété constituera une partie importante de la réponse à apporter aux crises écologique, géopolitique, énergétique et économique qui s’additionnent. »Sommet de Samarcande : front anti-occidental ?À la Une également, Xi Jinping à Samarcande en Ouzbékistan ce jeudi 15 septembre. Première grande sortie internationale pour le dirigeant chinois depuis plus de deux ans, relève Le Figaro. « Celle-ci culminera par une rencontre avec Vladimir Poutine, en marge du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, comme un défi lancé à l’Occident. (…) Alors que les revers militaires de Moscou s’accumulent, Pékin affiche crânement sa proximité avec son voisin, en renforçant ses liens avec les puissances eurasiatiques, et le Premier ministre indien, Narendra Modi, qui participera également à ce sommet de Samarcande. »Désormais, pointe Libération, « la Chine ne fait plus semblant d’être neutre (…) et confirme son virage anti-occidental ».

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15 Sep 2022

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À la Une: vers une loi sur l’aide active à mourir

« Paul et Maïté habitaient en Belgique, où l’euthanasie a été dépénalisée en 2002. Ils se sont aimés 60 ans, raconte Le Parisien. Ils ont appris dans le même intervalle de temps qu’ils allaient mourir, elle d’un cancer du rein, lui d’un cancer du sang. Et ils ont pris cette décision d’organiser leur départ commun. " Ce n’était pas un projet ancien pour eux, de mourir ensemble, explique leur fille, Elise. Disons que la situation s’est présentée comme ça. Ce n’était pas un choix facile. C’est une décision qu’on prend en dernier recours ".Il y a eu la première injection de sédatif pour endormir le couple main dans la main, poursuit Le Parisien. La mère a jeté un dernier regard à sa fille avant de fermer les yeux. Il y a eu la seconde injection. Paul est parti très vite. Maïté a résisté quelques secondes. Ils avaient le visage serein, apaisé, entourés de leur fille, leur gendre, l’équipe médicale. "C’était de l’amour qui était là, ce jour-là. Ils se sont fait un cadeau mutuel", assure Élise qui estime que les conditions de leur mort lui ont permis de mieux surmonter son deuil. »En 2023 ?Va-t-on connaître bientôt en France des scénarios similaires ? Sans doute… « Macron ouvre la voie à une loi sur l’euthanasie », titre Le Figaro. « Le président de la République va lancer une consultation citoyenne sur la fin de vie dont les conclusions seront rendues au printemps 2023. Et en amont, le gouvernement engagera parallèlement un travail concerté et transpartisan avec les députés et sénateurs. »Commentaire du Figaro : « Il faut espérer que ce débat ne soit pas l’otage d’un discours tronqué : les mots ont été trop souvent capturés et détournés par les défenseurs du "droit" à mourir "quand je veux", "comme je veux" - voire "si je veux", selon les transhumanistes -, dont la seule espérance est de gouverner les corps depuis le premier jour jusqu’à la dernière heure. Ceux-là brandissent le mot "dignité". Il ne faudrait pas oublier celui d’"humanité", pointe Le Figaro, et ne pas nier à l’homme ce qui fait sa grandeur, cette intériorité dans laquelle grandit la fine pointe de l’âme, qui le distingue d’un simple amas de cellules. »Notre regard sur la vulnérabilité« L’issue a beau sembler certaine, les opposants auraient tort de ne pas y participer, relève La Croix. Il est encore temps de dire posément les raisons qui les animent. (…) C’est le moment, par exemple, de rappeler le sens d’un interdit qui – n’en déplaise aux simplificateurs – n’est pas seulement fonction de convictions religieuses, mais bien d’options politiques et philosophiques. Ce dont il est question, en dernier ressort, c’est notre regard sur la vulnérabilité, affirme La Croix. Le risque que l’on entrevoit, du haut de cette pente sur laquelle la société française est sur le point de s’engager, c’est que le droit à mourir ne se transforme un jour pour les plus fragiles en injonction à renoncer à la vie, par crainte de peser sur leurs proches ou sur la collectivité. »Face à notre intimité la plus fragile« Bien sûr, le sujet est vertigineux, reconnaît Libération. Il est tout à la fois philosophique et intime. Collectif et individuel. Il ne peut se régler d’un simple "oui" ou d’un simple "non". Organiser une convention citoyenne sur la fin de vie est donc une bonne idée. A une condition : qu’elle ne soit pas un énième machin conçu pour repousser la moindre évolution ad vitam æternam. La fin de vie est un sujet trop important pour être utilisé à des fins politiciennes. »La Charente Libre s’interroge : « arrivera-t-on à discuter de la mort loin de la médiocrité et du manichéisme des débats sur la vie de tous les jours ? Il n’est pas interdit d’y croire, répond le journal, d’autant plus qu’une majorité extrêmement large des Français semble prête à faire évoluer la loi actuelle vers la possibilité d’une aide active à mourir. Euthanasie, suicide assisté ou sédation profonde et continue jusqu’au décès, comme la loi Claeys-Léonetti le permet depuis 2016 sous de très strictes conditions : le sujet si délicat interdit les positions tranchées comme l’absence de concertation réelle. Il nous met tous face à notre intimité la plus fragile, conclut La Charente Libre, et cette question vertigineuse de notre attitude face à la mort. La nôtre comme celle de nos proches. »

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14 Sep 2022

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À la Une: comment faire face au manque d’eau?

Impensable il y a encore quelques années, cette question est désormais brûlante pour les agriculteurs français. Libération dresse le constat : « Les deux premiers mètres du sol en France n’ont jamais eu aussi soif que cet été. L’humidité y a été particulièrement faible à cause du manque de pluie persistant depuis l’hiver, phénomène aggravé par les multiples canicules estivales, qui ont fini d’assécher la terre. Ce manque d’eau en surface est appelé "sécheresse superficielle" ou "agricole" car elle affecte directement la végétation cultivée. Et 2022 a détrôné toutes les sécheresses précédentes. »Résultat, pointe Libération : « les rendements sont en chute pour bon nombre de cultures » : maïs, pommes de terre, orge… Et conséquence : « le monde agricole est contraint de repenser son modèle et d’expérimenter de nouvelles pratiques. »Vers de nouvelles formes d’agricultureEn effet, estime Libération, « nos choix agricoles étaient peut-être pertinents au XXe siècle quand on n’imaginait pas manquer d’eau un jour, ils ne le sont plus en ce début de XXIe siècle. Si elle ne veut pas subir, la profession doit donc réagir. S’adapter, sans tabous. Et dans tous les domaines : de la sylviculture à la culture maraichère en passant par l’élevage, de bovins surtout. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe des solutions, du moins des pistes », affirme Libération.Exemple : « le sorgho, qui consomme environ 40% d’eau en moins que le maïs, pourrait être une culture de substitution. » Et puis, « réduire notre consommation de viande (et pas forcément la supprimer) permettrait aussi de réduire tout à la fois le besoin de maïs et les émissions de gaz à effet de serre ; il faudrait faire de cette résolution, bien plus qu’une mode, une règle de vie. »Poutine acculé : le risque de la fuite en avantÀ la Une également cette question : que va faire Poutine face à l’avancée des troupes ukrainiennes ?Attention, prévient Le Figaro, « les Occidentaux se réjouissent de voir leur aide à Kiev payée de retour. Mais ils doivent rester vigilants. Si l’avancée ukrainienne tourne à la déferlante et gagne le sud du pays, le maître du Kremlin n’aura le choix qu’entre l’escalade et la négociation. Laissant percer son penchant pour le quitte ou double, il a déjà brandi la menace nucléaire… Le tsar solitaire a su jusqu’ici encaisser les sanctions économiques et la mise au ban de la Russie, y répliquant même efficacement avec l’arme du pétrole et du gaz. Mais il aurait probablement du mal à survivre à une défaite militaire. Déjà, le petit cercle des va-t-en-guerre moscovites s’agite nerveusement sur sa chaise dans les émissions de propagande, menu exclusif du téléspectateur russe. À l’heure des règlements de comptes, ceux-ci seraient assurément sauvages. »En effet, renchérissent Les Dernières Nouvelles d’Alsace, « à ce rythme, Vladimir Poutine n’aura bientôt d’autre choix que de jeter toutes ses forces dans la bataille et c’est ce qui fait frémir. Il est allé trop loin pour ne serait-ce qu’envisager une retraite. Le président russe joue tout sur ce coup-là, y compris son avenir personnel. »Rester ferme quant aux sanctions…Quant aux Européens, ils doivent « garder le cap des sanctions contre la Russie », estime Le Monde. « Si le scénario d’une pénurie d’énergie n’est pas à exclure, desserrer l’étau sur les sanctions reviendrait à conforter Vladimir Poutine dans sa vision d’une Europe pleutre et incapable de tenir sa place dans l’histoire. » Il faut donc « maintenir l’unité dont les Vingt-Sept ont su faire preuve jusqu’à présent, affirme le quotidien du soir. La stratégie énergétique commune en cours d’élaboration est de ce point de vue cruciale. Dévier de cette trajectoire de solidarité avec l’Ukraine pourrait être, à terme, fatal au projet européen. »Les adieux à Elizabeth : too much ?Enfin, les funérailles de la reine Elizabeth lundi prochain… D’ici là les messes, les processions, les hommages vont se poursuivre. Pour La Charente Libre, c’est too much… « Sans vouloir tirer sur le corbillard, on peut légitimement se poser quelques questions sur le déluge d’images et de commentaires compassés que télés et radios nous infligent depuis jeudi ! (…) La famille royale britannique est le symbole d’une grande nation, fière de son histoire et de ses traditions. Certes. Mais rien de tout ça ne justifie les coups d’encensoir et la dévotion béate que ce deuil royal suscite dans l’île et au-delà des mers, estime encore La Charente Libre. Ce qu’on nomme ici Commonwealth, s’appelle colonisation ailleurs. Faute de trouver du sens à cette opérette, la presse en fait une bouillie de bons sentiments, très loin des réalités sociales d’un pays où les contes de fées ne font plus rêver les petites filles. »

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13 Sep 2022

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À la Une: la spectaculaire contre offensive de l’armée ukrainienne

« La ville d’Izioum est la principale conquête de la fulgurante contre-offensive ukrainienne lancée mardi dernier dans la région de Kharkiv, dans le nord-est de l’Ukraine, relève Le Monde. Une fois le front percé lors de rudes combats à Balakliïa, l’armée russe s’est effondrée et ses unités ont fui en ordre dispersé. Face à la débâcle, Moscou a annoncé, avant-hier, avoir ordonné le retrait d’Izioum, où des milliers de soldats étaient en train d’être encerclés. Kiev a confirmé, hier soir, par la voix du président Volodymyr Zelensky, avoir achevé la prise de la ville. Izioum est désormais le symbole de la manière dont cinq jours d’assaut deviennent un tournant dans une guerre. »Surprises…« Les surprises se succèdent les unes aux autres depuis près de sept mois en Ukraine, s’exclame Le Figaro. Kiev devait tomber rapidement. Volodymyr Zelensky a résisté. L’armée russe, puissante et massive, semblait vouée à progresser, même lentement, portée par la force de son artillerie. Elle a dû se retirer de la région de Kiev et de Kharkiv. Le Donbass semblait perdu après la prise de Sieverodonetsk. L’armée ukrainienne mène une contre-offensive victorieuse… Si l’on ajoute la reconquête de l’île des Serpents, la perte du navire (de guerre) Moskva ou les frappes de missiles sur la Crimée, le bilan de "l’opération spéciale" de Vladimir Poutine - sans parler des conséquences diplomatiques et économiques - se transforme en cauchemar pour celui qui voulait intimider l’Occident. »Des renforts en armesComment expliquer cette avancée militaire ? Réponse du consultant militaire du Parisien, Pierre Servent : « ces dernières semaines, explique-t-il, les Ukrainiens ont reçu des centaines de drones, des véhicules blindés de combat d’infanterie qui sont très importants dans les opérations au sol. Ils ont reçu des missiles antiradars qu’ils sont parvenus à adapter sur leurs avions de combat. Ils ont reçu aussi, de la part des Américains, des hélicoptères de transport de troupes. Par ailleurs, la formation des soldats ukrainiens sur ces différents outils s’est améliorée. Les Ukrainiens sont montés en gamme alors que du côté russe, on a eu le sentiment d’un outil stagnant qui ne s’est pas régénéré. »Comment va réagir Poutine ?Alors, peut-on qualifier cette percée ukrainienne de tournant dans la guerre contre la Russie ? Pour Michel Goya, historien militaire, interrogé par Libération, très certainement… « On pourrait comparer, dit-il, ces événements à la guerre de mouvement qui a eu lieu en 1918, pendant la Première Guerre mondiale, et qui pourrait amener à l’effondrement de l’armée russe. Rien n’empêche les Ukrainiens de monter d’autres attaques du même style dans le reste du pays, comme au sud de Zaporijia, ce qui serait dévastateur pour les Russes. Les jours et les semaines à venir vont être très importants pour savoir si les Ukrainiens ont la capacité de renouveler ce genre d’attaques sur le long terme. Dans ce cas, estime Michel Goya, la victoire est à leur portée. »Reste une question fondamentale commente Libération : « comment va réagir Vladimir Poutine ? Le Président russe ne risque-t-il pas, dans sa rage destructrice, de vouloir frapper un grand coup en représailles ? Dans le seul but de montrer qu’il garde un pouvoir de nuisance. »Une gauche rassemblée mais pas unie…À la Une également, des débats électriques à gauche lors de la fête de l’Humanité…On reste avec Libération qui note que « l’événement (politique) de ce week-end a été marqué par des débats électriques entre les membres de la Nupes après la sortie discutée de Fabien Roussel, vendredi dernier, sur les minima sociaux. Jean-Luc Mélenchon a quant à lui prononcé un discours où il a affirmé son attachement au "collectivisme". » Libération qui remarque que le même Mélenchon, « triple candidat à la présidentielle, préserve le flou autour de ses qualificatifs et du futur de La France insoumise : leader LFI, ex-député, retraité ? » On ne sait pas…« Que cherche Mélenchon ?, s’interroge pour sa part Le Figaro. Le cœur de sa stratégie reste la "conflictualité". "Notre identité c’est la révolution citoyenne, pas les copains des campings", confie-t-il en privé. Comme si à la constitution d’une "majorité sociologique", façon Mitterrand 81, il privilégiait l’entretien de pôles de radicalité et de contestation, leviers non d’une alternance mais de la révolution. »Reste s’exclame L’Humanité que « cette 87e édition de la Fête de L’Humanité restera gravée dans nos mémoires comme la première qui a accueilli des stands de toute la gauche. » Le quotidien communiste qui y voit le signe d’une « fraternité retrouvée. »

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12 Sep 2022

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À la Une: Charles III le mal aimé

Officiellement proclamé roi, hier à Londres, le fils aîné de la reine défunte « sera-t-il à la hauteur ? », se demande « en Une » Le Journal du Dimanche. Le nouveau souverain anglois, qui doit à présent se faire aimer de ses sujets, salue la foule sur celle du Parisien Dimanche, aux côtés de son épouse, Camilla, « longtemps la femme la plus détestée de Grande-Bretagne », rappelle ce journal.Lequel publie un sondage Ipsos, datant de mai dernier, sur la popularité des membres de la famille royale britannique. Avec une cote de 14% seulement, Charles pointe en sixième position de ce très pipole hit-parade, largement dominé par sa défunte mère, qui était alors trois fois plus populaire que lui, et même davantage.Autre sondage, celui réalisé par YouGov, également en mai dernier, et cité par Le Journal du Dimanche, indiquant que 32% des personnes interrogées estimaient que le prince de Galles qu’il était encore alors, « ferait un bon roi ». Toutefois, subodore Le JDD, « son accession au trône pourrait doper sa popularité ».Liz Truss bashing Bien sûr, la presse magazine était déjà imprimée lorsqu’est survenu le décès de la reine, mais au Royaume-Uni, la personnalité de la nouvelle Première ministre britannique avait retenu son intérêt. Portrait au vitriol de Liz Truss dans l’hebdomadaire Le Point. Selon ce magazine, « son élévation au poste suprême paraît moins qu’évidente. Ne dégageant pas le moindre charisme, animal au sang-froid ne se laissant jamais aller à la moindre émotion, elle est mauvaise oratrice. Le sourire mécaniquement figé, le menton toujours relevé en signe de défi et la voix métallique ne sont pas très télégéniques. Certes dotée d’humour et d’entregent, elle a néanmoins du mal à passer la main dans le dos des députés comme des journalistes », bucheronne ce journal.Le Point rappelle aussi qu’avant de rompre avec les Libéraux-Démocrates, alors âgée de 19 ans, cette « rebelle dans l’âme » de Liz Truss réclamait rien moins que « l’abolition de la monarchie et du nucléaire, ainsi que la légalisation des drogues ».Esquisse de portrait seulement dans L’Express, mais du même tonneau. « Tout comme son mentor "BoJo", Liz Truss a souvent joué ses décisions politiques à pile ou face, les soutenant ensuite avec une fougue étonnante. Elle fut ardente libérale démocrate en faveur de l'abolition de la monarchie, puis farouche conservatrice royaliste ; proeuropéenne avant de devenir brexiteuse passionnée. Elle se réclame de Thatcher, mais son idée de lancer des baisses d'impôts en période de forte inflation fait frémir les conservateurs les plus orthodoxes, tel l'ancien chancelier de l'Echiquier de la Dame de fer, Norman Lamont, qui l'a prévenue : "C'est une terrible erreur" », rappelle L’Express.La pantalonnade du Nobel pour RushdiePolémique à caractère littéraire, pour conclure. Il y a – pile – quatre semaines, ici-même, nous parlions de l’appel lancé dans Le Journal du Dimanche par le philosophe et essayiste Bernard-Henri Lévy pour que le prix Nobel de littérature soit attribué en octobre prochain à son ami Salman Rushdie, après l’agression au couteau dont il venait alors d’être victime.Bonne ou mauvaise idée ? Mauvaise, très mauvaise, prévient Pierre Assouline, dans L’Express. Selon ce membre de l’académie Goncourt, « si le Nobel de littérature devait couronner le condamné à mort Rushdie sous la pression d’une campagne d’opinion, ce serait un faux pas de plus dans l’histoire mouvementée de l’institution suédoise. Et une tache sur l’œuvre sans pareil de cet écrivain qui mérite mieux et autrement. Il fallait lui donner avant ou alors plus tard (…) Mais les membres du comité Nobel détestent qu’on leur dicte leur conduite, veut croire Pierre Assouline. Les pressions dont ils sont l’objet de la part d’éditeurs, de lobbies littéraires, de gouvernements, sont contre-productives ; elles les braquent car ils y voient une intolérable tentative de manipulation de leur vote », énonce-t-il encore dans L’Express. L’auteur des Versets sataniques, prix Nobel de littérature ? Réponse dans un mois. Le temps de les lire. Ou de les relire...

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11 Sep 2022

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À la Une: Elizabeth II, le deuil

Un deuil « international », constate Le Parisien face à l’ampleur de l’émotion qui se manifeste bien au-delà des frontières du Royaume-Uni, après la disparition de la reine Elizabeth II. Car cette souveraine qui vient de s’éteindre à l’âge de 96 ans et qui aura régné 70 ans durant, « était aussi la reine d’un peuple dépassant largement les frontières britanniques, relève ce journal. Et l’on a vu le Premier ministre canadien pleurer cette « personne qu’il admirait le plus au monde », des rugbymans lui dédier un haka à Auckland ou des anonymes déposer des fleurs devant les ambassades dans toutes les capitales. Deuil planétaire, donc, mais aussi deuil est « historique. Il n’y en aura plus d’autre », soupire ce quotidien.« L’émotion est unanime, confirme Le Figaro. Des anonymes aux puissants, des dirigeants de la Chine communiste à l’empereur du Japon, les témoignages de sympathie ont afflué de partout ; on pourrait presque parler d’amour. Le président kényan a salué une « immense icône du service désintéressé ». Des larmes ont coulé, des compétitions sportives ont été suspendues, les cloches de toutes les cathédrales du Royaume-Uni ont sonné. Des enfants terribles du rock - dont certains anoblis - ont exprimé leur sentiment d’être devenus orphelins. La vieille dame qui vient de s’éteindre à 96 ans dans la pénombre du château de Balmoral était probablement la personnalité la plus mystérieuse et la plus admirée de la planète », énonce encore Le Figaro, dans un hommage de Une à cette souveraine « que le monde entier applaudit ».Le Royaume-(dés)Uni Et ce matin, à Londres, Charles, fils aîné de la reine disparue, sera proclamé roi d’un pays, certes uni dans le deuil, mais un royaume n’ayant en fait plus guère d’uni que le nom. Charles III ? C’est un roi « de transition », estime le quotidien Libération, à la Une duquel le nouveau roi apparaît, cheveux gris et bras ouverts. L’ouverture, justement. « Ouvrira-t-il une ère de retour sur terre pour les Britanniques ? », se demande Libé. Car aujourd’hui, le Royaume-Uni est « plus faible que jamais, économiquement fragilisé, socialement sur les braises. L’unité du royaume est plus fragile que jamais. L’appartenance au Commonwealth continue de se craqueler », souligne Libération.Le Figaro n’écrit guère autre chose. L’avènement du roi Charles III intervient au sein d’un royaume « fragilisé », pointe ce journal, en discernant dans l’arrivée de Liz Truss à la tête du gouvernement britannique « une illustration des nombreuses fissures qui craquellent le pays ».Ce quotidien passe en revue les aspects essentiels de la crise qui secoue le royaume. Crise politique, d’abord, « avec un système parlementaire à bout de souffle. La « mère des Parlements », « prompte à donner des leçons en matière de démocratie au reste du monde, offre depuis quelques années un spectacle qui rappelle l’instabilité politique de l’Italie ou celle de la IVe République en France », remarque Le Figaro ; crise économique et sociale, ensuite, avec « une pauvreté records en Europe » et une livre sterling « à son plus bas niveau face au dollar depuis 1985 » ; crise sanitaire, encore, qui rend l’accès à la médecine, voire aux urgences, « de plus en plus difficile » ; crise d’identité larvée, enfin, avec l’Ecosse, l’Irlande du Nord et même le Pays de Galles travaillés par l’irrédentisme. « À l’intérieur de son royaume, Charles devra prouver qu’il peut être le ciment qu’incarnait sa mère », prévient Le Figaro. Lequel quotidien, manifestement, a comme un doute, en remarquant qu’un nouveau roi âgé de 73 ans « n’est pas forcément le signe le plus évident de renouveau ».Du rififi à la fédé de footSelon des témoignages anonymes publiés par le magazine So Foot, des employées de la Fédération française de football assurent avoir reçu des messages à caractère sexuel de la part du président de la FFF Noël Le Graët, ce périodique affirmant que plusieurs femmes ont ainsi démissionné ces dernières années de l'instance car elles se sentaient « harcelées sexuellement, mais aussi moralement » au sein de cette fédération. So Foot assure aussi que le sexisme serait « élevé au rang d'art » à la FFF où un séminaire sur « la question de l'humour sexiste » a été organisé en 2016.

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10 Sep 2022

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À la Une: Elizabeth II, l’hommage unanime

« Depuis soixante-dix ans, elle était le Royaume-Uni », résume La Croix. Elle était. De profundis et RIP... Comme le souligne le quotidien catholique, « sa longévité autant que sa constance en auront fait, pour quatre générations, l’un des rares points fixes d’un pays et d’un monde bouleversés ». Et La Croix ne manque pas de souligner « la foi fervente » de la souveraine anglaise à présent disparue.Le journal Le Parisien n’écrit guère autre chose, rendant hommage à « cette fervente croyante ». Et si ce quotidien le souligne, c’est bien, explique-t-il, parce que, « dans un monde sens dessus dessous, (ses sujets) ont perdu leur point fixe ». Raison pour laquelle Le Parisien ose cet oxymore : « la reine éternelle est morte », osant encore résumer d’une formule « le destin extraordinaire d’une femme ordinaire » !Depuis longtemps, Charles attendMais au-delà de l’hommage, la disparition de la reine ne manque également pas de préoccuper une partie de la presse française. Témoin Les Échos. À sa Une, ce quotidien économique ne se borne pas à lancer à la reine un simple « farewell », un adieu empreint de nostalgie. Non. Les Échos ne manquent pas de prévenir que sa disparition « risque de fragiliser la monarchie britannique ».Et pour cause, Elizabeth II fut « un roc pour son royaume », souligne Le Figaro. « Le monde pouvait trembler, l’Angleterre était menacée dans son identité, sa famille elle-même touchée par les drames et les scandales, son air serein et imperturbable rassurait. En sa présence, l’actualité semblait dérisoire, les contingences étaient reléguées au second plan. Garante de l’unité du royaume, elle était en charge de l’essentiel », estime Le Figaro.Voilà pourquoi sa mort « plonge son pays dans l’inconnu », avertit Libération. Car une fois l’hommage à la souveraine disparue rendu, « restera seul face à son peuple un roi apparemment bien différent de sa mère, King Charles III », anticipe Libé.Hommage insolite, enfin, celui du journal L’Équipe. Lequel l’assure, « la reine qui aimait le sport » était aussi « une athlète » ! Mais oui ! Pour preuve, le quotidien sportif rappelle ses voyages, le poids de la couronne de Saint-Edouard, qu’elle devait porter, et qui est « lourde de 3,2 kg », signale affectueusement L’Équipe.Dancing queenEn Afrique, la presse africaine francophone rend également hommage à la reine disparue. Témoin le cas journal congolais Le Nouvel Observateur. Lequel rappelle qu’à l’occasion du dernier jubilé de la reine, la Chargée d’affaires du Royaume-Uni en RDC a souligné le fait qu’au cours du règne d’Elizabeth II, « le Royaume-Uni a mis fin au colonialisme qui a causé du tort à plusieurs nations ».C’est aussi le cas du quotidien burkinabè Aujourd’hui évoque le voyage de la reine au Ghana, en 1961, « contre l’avis du palais et de la presse britannique. La reine qui pèsera de tout son poids pour que les États-Unis d’Amérique qui voulaient geler leurs aides au Ghana (pour proximité avec la Russie) reconsidèrent leurs positions et à poursuivre le financement des projets (comme le barrage de la Volta) ».C’est encore le cas du journal ouagalais WakatSera, qui se souvient qu’au Ghana, Elizabeth II « va même oser briser bien des mythes, s'offrant au passage une danse dans les bras du panafricaniste célèbre, le Ghanéen Kwame Nkrumah (…) Et ce n’était que le début de la fin de bien des tabous, la reine d’Angleterre ayant opté de se rendre en Zambie, en 1979 malgré l’opposition de la Première ministre britannique de l’époque, Margaret Thatcher, la "Dame de fer". Ce sera, du reste, l’occasion pour la reine Elizabeth II de renforcer ce lien avec l’Afrique et de mettre en exergue son aversion pour les inégalités et la ségrégation, en présidant la signature de la Déclaration de Lusaka sur le racisme et les discriminations. Et pour marquer ce refus contre l’apartheid, la reine de la longévité, de la santé et qui a bien vieilli en menant le bon combat, ne mettra pas les pieds pendant une quarantaine d’années en Afrique du Sud, du temps de l’apartheid ».

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9 Sep 2022

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À la Une: le CNR, cet objet démocratique mal-identifié…

C’est ainsi que Le Monde qualifie le Conseil national de la refondation. Emmanuel Macron inaugure ce jeudi 8 septembre cet outil de démocratie participative, malgré le boycott de tous ses adversaires politiques et les doutes dans son propre camp.Question essentielle pointe Sud-Ouest : « de quoi ce CNR est-­il le nom ? Conseil national de la refondation : s’agit-il de mettre en place une vaste entreprise de refondation du pays, comme ce fut le cas pour son illustre homonyme, le Conseil national de la résistance ? S’agit-il de reconstituer le Commissariat au Plan, qui fit les belles heures des Trente Glorieuses ? S’agit-il d’une enceinte où se retrouveront partenaires sociaux et associations en tous genres, pour préparer les réformes indispensables ? »La donne a changé…Certes, « l’intention initiale est louable, relève La Croix. Que notre démocratie traverse une crise profonde, difficile de le nier. Et qu’il faille innover afin de la ranimer, pourquoi pas. De là l’idée lancée avant l’été par Emmanuel Macron de ce Conseil national de la refondation. Son objet serait de "bâtir des consensus sur la situation du pays" et de "concevoir des solutions concrètes aux préoccupations de nos concitoyens". Le président, tout juste réélu, l’avait annoncé début juin. »► À lire aussi : Pourquoi les oppositions boycottent le Conseil national de la refondation voulu par Emmanuel MacronMais « entre-temps, la donne a changé, remarque La Croix : l’absence de majorité absolue à l’Assemblée, si elle n’enlève rien à la légitimité du président, a affaibli son poids et son autorité. L’opposition, dans toutes ses composantes, refuse de participer, avec souvent de justes arguments. Les élus de la République peuvent-ils être mis sur un pied d’égalité avec la société civile ? À quoi servent les parlementaires, si ce n’est à délibérer pour répondre aux préoccupations de leurs concitoyens ? Sommes-nous en face d’une entreprise de refondation ou de communication ? Et pourquoi ne pas s’être appuyé sur le Conseil économique, social et environnemental, rénové il y a quelques années par ­Emmanuel Macron précisément pour en faire "l’institution de référence en matière de consultation citoyenne" ? »« Com’ frelatée » ?« Désolé, quelque chose cloche, s’exclame Libération, un gros doute s’impose, un vice de forme freine l’enthousiasme devant cette promesse de régénérescence démocratique. La référence au Conseil national de la Résistance n’aide pas : cela ressemble trop à de la com frelatée. Passons. Alors quoi ? La sincérité tout simplement, pointe Libération. Emmanuel Macron tâtonne depuis maintenant plus de cinq ans dans son rapport aux élus, aux corps intermédiaires, à tous ces relais qui, bon an mal an, restent des poumons indispensables à la démocratie représentative. Il a d’abord donné le sentiment de pouvoir s’en passer. Les enjamber restait pour lui la meilleure garantie de transformer le pays. Au gré des événements, surtout quand ils lui étaient défavorables, il a mis de l’eau dans son vin, tenté de renouer le dialogue, de les revaloriser. Mais sans convaincre qu’il ne le faisait pas par opportunisme politique. Sa campagne présidentielle et les législatives qui ont suivi ont été des moments de confiscation démocratique, assène encore Libération. Une stratégie à moitié sanctionnée par les Français, qui ont réélu Emmanuel Macron pour écarter l’extrême droite en ne lui accordant qu’une majorité relative à l’Assemblée. Le CNR est censé faire oublier tout ça… Difficile. »Macron aurait-il perdu la main ?Le Figaro ne cache pas non plus son scepticisme… « Le plus inquiétant est que cette nouvelle méthode de gouvernance cache moins une volonté de dialogue pour trouver des solutions qu’une absence d’objectifs. Emmanuel Macron, réélu sans programme, semble toujours chercher l’horizon de sa politique. Aurait-il perdu la main ?, s’interroge le quotidien de droite. Les premiers mois de son précédent quinquennat avaient donné lieu à quelques réformes importantes : code du travail, ISF, SNCF, dédoublement des classes de CP en zone prioritaire… Mais, aujourd’hui, que propose-t-il ? Nul ne le sait. À observer les débats qui agitent le gouvernement et la majorité - vote des étrangers aux municipales, interdiction des jets privés, taxation des superprofits… -, on se demande même s’il y a un pilote dans l’avion. »Occasion ratée ?Dommage, estiment Les Dernières Nouvelles d’Alsace… « Il n’y a jamais aucun risque à s’asseoir pour débattre, jamais rien à perdre à échanger. Ça n’engage à rien, ça ne vaut ni caution ni renonciation à ses idéaux. D’autant qu’autour de la table vont prendre place des représentants des associations, du monde économique, des syndicats, des organismes sociaux, des élus et une palette de citoyens tirés au sort. Tous venus apporter leurs idées. Tous espérant contribuer à trouver des réponses aux grands défis de l’époque ou au moins faire valoir leur point de vue. Au-delà de son appellation pompeuse et inappropriée, ce Conseil national de la refondation aurait pu, sans aller jusqu’à fantasmer une grande coalition à l’allemande, ce n’est pas le propos, initier a minima un autre rapport politique. C’est une occasion ratée. »

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8 Sep 2022

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À la Une: mauvaise blague, buzz et mea culpa…

« Confronté à une certaine urgence médiatique, relève Le Monde, l’entraîneur du Paris-Saint-Germain, Christophe Galtier, a tenté, hier soir, d’éteindre la polémique suscitée la veille par ses propos sur le thème du climat. À l’issue du match de Ligue des champions remporté face à la Juventus, l’entraîneur parisien a fait son mea culpa :"Croyez-moi, je suis concerné sur les problèmes de climat, de notre planète, je sais la responsabilité que nous avons. (…) On n’est pas hors sol, on est très lucides, simplement c’est une blague qui arrive au mauvais moment, qui est de mauvais goût, et je le regrette". »Alors, faut-il le rappeler, poursuit Le Monde, « avant-hier, lundi, Christophe Galtier et l’attaquant parisien Kylian Mbappé avaient été interrogés, en conférence de presse, sur la possibilité de recourir au train, plus écologique que l’avion privé, après un déplacement de l’équipe à Nantes. "Ce matin, on a discuté avec la société avec laquelle on fait nos déplacements pour savoir si on ne pouvait pas se déplacer en char à voile", avait répondu, ironiquement, Christophe Galtier, juste après un fou rire de Kylian Mbappé. »La vidéo est devenue immédiatement virale, reprise sur tous les réseaux sociaux, suscitant une tornade médiatique et politique après un été marqué par trois canicules et des incendies à répétition.Déconnexion…« Un buzz chassant l’autre, bientôt on n’en parlera plus, mais il faudrait justement en parler, encore et encore », commentent Les Dernières Nouvelles d’Alsace. « Sortir de la polémique de l’instant pour s’intéresser au fond de la question. Car l’ironie teintée de mépris de Christophe Galtier et le fou rire indécent de Kylian Mbappé ne sont ni accidentels ni anecdotiques. Ils sont révélateurs, estime le quotidien alsacien, du degré de déconnexion d’une frange de la population, qui dépasse de très loin le cénacle sportif (…). Puisque les 10% les plus riches de la planète sont responsables de la moitié des émissions de carbone, il ne semble pas tout à fait absurde de les inciter à contribuer à l’effort qui pèse surtout sur les plus pauvres. »750 tonnes de CO2 économisées !« Une onde de dégoût a parcouru la France, s’exclame Libération, à la vue du footballeur français le plus adulé et de son entraîneur ricanant à l’idée de prendre le train au lieu de l’avion pour leurs matchs en déplacement. La séquence est terrible en termes d’image. »► À lire aussi : Football: l'ironie de l'entraîneur du PSG sur les déplacements en avion passe malToutefois, poursuit Libération, « c’est une saine polémique, qui peut nous pousser à aller plus vite sur la transition écologique. » Et le journal de présenter « les différentes pistes qu’aurait un club de football de l’envergure du PSG pour réduire son empreinte carbone. »Libération a fait le calcul : « si le PSG prenait le train dans 12 déplacements sur ses 19 par saison en Ligue 1, en écartant les villes plus lointaines que sont Nice ou Toulouse, et ainsi que les plus proches, Auxerre et Troyes, qui peuvent être ralliées en bus, autour de 750 tonnes de CO2 pourraient alors être économisées. Avec des efforts fournis par les 19 autres clubs de Ligue 1, hormis Ajaccio qui pourra difficilement se rendre en train dans le reste de la France, le bénéfice environnemental serait alors important. »Merci Kylian !Finalement, analyse La Charente Libre, « le tollé suscité par cette sortie démontre que chacun se déplace selon ses moyens, pas selon ses besoins. Le jet n’est que la voiture de l’ultra-riche (…). Le train est encore vu comme un déplacement contraint. Parce que son coût, ses horaires, l’état du réseau sont encore trop synonymes de galère. C’est aussi cette réalité qu’il faut transformer pour que cela devienne un mode de vie pour les plus riches comme pour les autres. Pour y arriver, le changement des comportements individuels ne suffit pas, pointe La Charente Libre. La conférence de presse du PSG s’est déroulée au même moment que celle d’Emmanuel Macron demandant de baisser notre chauffage. Contraste ravageur quand on sait que le taux d’imposition des jets est de 39 euros par hectolitre de carburant, alors que celui d’une voiture est de 68 euros. Il faut remercier notre star nationale d’avoir posé les enjeux vitaux pour notre avenir. Même si c’est à son corps défendant et dans un rire stupéfiant. »

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7 Sep 2022

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À la Une: la nouvelle «Dame de fer»

C’est le grand titre de La Croix. « La nouvelle Dame de fer », c’est Liz Truss, la nouvelle Première ministre britannique qui se pose en héritière de Margaret Thatcher. « Une thatchérienne à la tête d’un pays en pleine crise », lance le journal. « Cette comparaison n’est pas inopportune, relève La Croix, vu la nostalgie de la grande majorité des adhérents tories pour la Dame de fer. Ces derniers mois, Liz Truss l’a imitée, jusqu’à adopter ses postures les plus célèbres, posant comme elle sur un char, sur une moto, à côté d’un veau, revêtue du même chemisier à col lavallière. Cette stratégie pourrait pourtant se heurter au principe de réalité, pointe encore le quotidien catholique. À la suite de la hausse de l’inflation et plus particulièrement des tarifs de l’électricité et du gaz, des millions de Britanniques devront, dès cet hiver, choisir entre se chauffer et se nourrir correctement. Cette conjoncture ­rappelle, par certains aspects, celle rencontrée par Margaret Thatcher il y a quarante ans. La Dame de fer avait alors, rappelle La Croix, refusé de protéger les travailleurs de nombreuses ­industries en difficulté, entraînant la paupérisation de plusieurs ­régions. »Une rentrée sociale explosive ?Pour Liz Truss, « la tâche s’annonce ardue, s’exclame Le Figaro. La grogne sociale agite le pays comme jamais depuis les années Thatcher. La facture énergétique des Britanniques augmentera de 80 % le mois prochain, les salaires réels sont plus bas qu’en 2007 et la Bank of England prévoit une récession qui doit durer plus d’un an. Après un "été du mécontentement" marqué par les grèves, la rentrée sociale s’annonce explosive. »► À lire aussi : Royaume-Uni: «Boris Johnson va conserver un poids important»Et Le Figaro de s’interroger : « Liz Truss sera-t-elle capable de rassurer les Britanniques et de mener son camp à la victoire aux élections prévues en 2024 ? Ses partisans saluent son ancrage à droite et un message politique clair. Ses détracteurs la jugent plus ambitieuse que compétente et dépourvue de convictions solides… Quant à ses concitoyens, ils sont déjà 52 % à estimer qu’elle sera une "mauvaise", voire une "très mauvaise" Première ministre. »Retour en arrière…Pour Libération, c’est « déprimant » : « les Britanniques n’avaient franchement pas besoin de ça. Après un menteur patenté, Boris Johnson, qui les a convaincus de quitter l’Union européenne par pur opportunisme politique, les voilà entre les mains d’une nouvelle Margaret Thatcher, Liz Truss, l’esprit en moins. (…) Thatcher avait des convictions, auxquelles elle s’accrochait mordicus pour le meilleur et plus souvent pour le pire. Liz Truss, elle, est capable de changer de discours en fonction du sens du vent, défendant par exemple avec force le camp du "Remain" lors du référendum sur la sortie de l’UE avant de devenir une des voix les plus féroces contre l’Europe. »Qui plus est, poursuit Libération, « le logiciel Truss va à l’encontre de tous les défis du moment : elle milite pour moins d’État alors que l’État est le seul à même, pour l’instant, de limiter les effets de la bombe énergétique ; elle n’a aucune conscience écologique, envisageant même de relancer la fracturation hydraulique ou d’autoriser de nouveaux forages pétroliers alors que les énergies fossiles sont désormais montrées du doigt, et elle se moque des traités européens alors que l’Europe est la seule réponse aux crises du moment. »Manque d’idées…« En avant comme avant », commentent Les Dernières Nouvelles d’Alsace. « Les tracts de campagne de Liz Truss semblent tout droit sortis de la fin des années 1970, avec la promesse de s’attaquer aux syndicats et au droit de grève, celle de limiter encore l’action de l’État, de baisser massivement les impôts et de ferrailler contre l’Europe, ou encore de relancer l’exploration pétrolière off-shore. Un manque d’idées, soupire le quotidien alsacien, assez consternant à ce niveau de responsabilités qui, il est vrai, ne dépare pas avec la mandature précédente, marquée par les scandales à répétition, la corruption et une incurie navrante qui a conduit le pays au bord du gouffre. »Les Échos osent cette interrogation : « faut-il regretter Boris Johnson ? La question mérite d’être posée au vu de la radicalité de Liz Truss (…). Passons sur le fait qu’elle ait refusé de dire si Emmanuel Macron était ami ou ennemi du Royaume-Uni - des propos d’estrade finalement assez classiques en période électorale. Son rapport à l’Union européenne inquiète encore plus : la nouvelle cheffe du gouvernement n’a que faire des négociations avec Bruxelles. Persuadée que seule la force fonctionne, elle menace de renier, sans concertation, des pans entiers de l’accord sur le Brexit, dont le fameux protocole nord-irlandais. L’espoir est que ses déclarations martiales restent lettre morte, ce à quoi le flamboyant Boris Johnson nous avait largement habitués. »

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6 Sep 2022

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