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Revue de presse Afrique

Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Norbert Navarro. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.

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À la Une: le ton monte entre Abidjan et Bamako

L’affaire des 46 soldats ivoiriens retenus au Mali continue d’empoisonner les relations entre les deux pays. Bamako les a inculpés pour tentative d’atteinte à la sureté de l’État et les a emprisonnés. Abidjan affirme que ses soldats étaient déployés en appui à des contingents de la Minusma et qu’ils ne sont en rien des mercenaires…Presque trois mois de bras-de-fer et la situation ne s’arrange pas…« Abidjan hausse le ton, une réunion des chefs d’État de la Cédéao en vue », titre L’Infodrome à Abidjan. « La Côte d’Ivoire ne se pliera pas aux exigences de la junte militaire au pouvoir au Mali, s’exclame le site d’information ivoirien, la junte malienne qui conditionne la libération des militaires ivoiriens détenus à Bamako à l’extradition de personnalités politiques réfugiées à Abidjan. (…) Pour les autorités ivoiriennes, poursuit l’Infodrome, le fait que la partie malienne réclame l’extradition de Karim Keïta, le fils de l’ancien président, Boubou Cissé, ex-Premier ministre, ou encore Tiéman Hubert Coulibaly, ancien ministre de la Défense, comme monnaie d’échange à la libération des soldats ivoiriens, confirme, une fois de plus, le fait que nos soldats "ne sont pas des mercenaires mais plutôt des otages". Le Conseil national de sécurité considère ce chantage comme inacceptable, donc, exige la libération sans délai des 46 soldats, et remarque enfin que les derniers développements de cette crise ivoiro-malienne sont de nature à porter atteinte à la paix et à la sécurité dans la sous-région. »De plus, pointe encore L’Infodrome, « la Côte d’Ivoire va saisir la Cédéao en vue d’une réunion extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement, et ce, dans les meilleurs délais. »Un sale tour pour le Mali ?Autre ton, autre point de vue dans la presse malienne… Le National à Bamako s’alarme : « le dossier des mercenaires, écrit-il, fera-t-il l’objet de négociations diplomatico-humanitaires qui finiront par jouer un sale tour au Mali ? Les autorités de la Transition ne sont-elles pas en train de se laisser prendre aux sentiments sournois ? La justice malienne va-t-elle se faire hara-kiri dans l’affaire ? (…) Beaucoup estiment que si les mercenaires (ivoiriens), arrêtés juste à temps, n’ont pas d’état d’âme, leur commanditaire, le président ivoirien Alassane Dramane Ouattara est davantage déterminé dans sa mauvaise foi contre le Mali. Il faut donc être vigilant. »Une intervention de l’ONU ?Alors quelle peut être l’issue de cette crise ? « Le 29 juillet, rappelle Jeune Afrique, un premier round de négociations ivoiro-malien s’est déroulé à Lomé sous la houlette du président togolais, Faure Gnassingbé. Une tentative qui n’a pas permis de trouver une issue favorable à cette crise. De nombreuses personnalités politiques, religieuses et des affaires de la sous-région s’activent dans ce dossier pour jouer les médiateurs. » Sans résultats pour le moment.Petit espoir d’éclaircie, avanceJeune Afrique : « le chef de l’État ivoirien s’est entretenu par téléphone le 7 septembre dernier avec le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dont il est proche. Ce dernier lui a répondu qu’il allait s’impliquer personnellement dans la résolution de cette crise, et ce, dans les meilleurs délais. Les Nations unies devraient donc demander la libération des soldats avant l’ouverture, le 20 septembre à New York, des débats de l’Assemblée générale. Cette requête sera directement adressée au chef de la junte, Assimi Goïta. »Marchandage…En tout cas, on est entré dans « un nouvel épisode de la saga du dossier des "49 militaires ivoiriens" », pointe le quotidien Aujourd’hui au Burkina Faso. Finalement, affirme-t-il, « le Mali accrédite la thèse qu’il en veut à Abidjan et qu’il profite de l’affaire de ces militaires pour assouvir sa vengeance. (…) Les masques sont tombés, car on a quitté totalement le processus dans lequel s’étaient inscrits le médiateur Faure et tous les autres qui jouaient les bons offices. Maintenant, on semble être entré dans l’univers du marchandage quasiment d’arrière-boutique. L’extradition des proscrits maliens contre ces 46 militaires revient tout simplement à mettre entre parenthèse les négociations en cours. » Alors, s’interrogeAujourd’hui, « la diplomatie est-elle encore opérante à ce stade de l’affaire ? Pourquoi Bamako, qui semblait avoir accepté le process du médiateur, a-t-il tourné casaque ? À quoi rime ce mélange de genre entre deux affaires qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre ? »

4mins

15 Sep 2022

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À la Une: colères et grincements de dents au Sénégal

« Cette fois, il n’y a pas eu de casse ! », s’exclame le quotidien Enquête. « Après l’élection du président de l’Assemblée nationale avant-hier, les autres membres du bureau ont été choisis hier dans une ambiance relativement calme. Avant-hier, les parlementaires avaient surtout fait parler leurs muscles sans aucun résultat, hier, ils ont recouru au dialogue, conformément aux usages et courtoisies républicaines. »Reste qu’il y a quelques grincements de dents… L’opposition a bien du mal à digérer l’élection au perchoir du candidat de la coalition présidentielle, Amadou Mame Diop. « Deux points de blocage ont crispé les discussions, pointe Le Monde Afrique. D’abord, des désaccords sur la procédure liée aux bulletins de vote pour l’élection du président de l’Assemblée. Mais surtout l’opposition n’a cessé de dénoncer "l’incompatibilité" des postes de ministres et de députés. Les parlementaires se sont succédé au pupitre pour demander que les deux députés, encore en poste au gouvernement, ne puissent pas voter puisqu’ils n’ont pas démissionné de leurs responsabilités exécutives. »Des ministres trop obstinés ?Une colère de l’opposition reprise par certains médias sénégalais. Ainsi, pour le site Seneplus, « l’obstination des ministres en fonction à rester sur les bancs de l’Assemblée nationale alors qu’ils étaient frappés par les incompatibilités prévues par l’article 109 du règlement de l’Assemblée et les dispositions constitutionnelles, cette obstination a de quoi surprendre, sauf si on prend en compte le caractère inconfortable de leurs positions. Ces hommes et femmes étaient face à un dilemme cornélien : démissionner du Parlement sans garantie de reconduction dans un gouvernement qui en principe vit ses derniers jours. Ils ont donc voulu faire de leur problème celui de toute la représentation nationale. Celui qui aurait dû anticiper cette difficulté est le président de la République, dénonce encore Seneplus. Son Premier ministre et son gouvernement devraient être au travail depuis plusieurs jours ou semaines. Malheureusement, en violation de la Constitution et des usages institutionnels, il maintient une équipe dont aucun membre n’a d’assurance sur son avenir. »Un gouvernement qui se fait attendre…En effet, pointe le quotidien 24 Heures, « le pays est toujours dans l’attente de l’annonce du nouveau Premier ministre et des membres du gouvernement. Le président de l’Assemblée nationale a (donc) été installé avant-hier et le bureau, hier mardi. Rien n’empêche alors au Président Macky Sall de délivrer son choix pour la primature. Et les bruits de couloir ne manquent pas… »24 Heures croit savoir que la ministre des Affaires étrangères, Aïssata Tall Sall, pourrait être reconduite à son poste. En effet, elle s’apprête à s’envoler pour Washington dans les prochains jours afin de préparer le terrain pour Macky Sall à l’Assemblée générale de l’ONU. Et puis, toujours d’après 24 heures, celui qui serait pressenti pour occuper le poste de Premier ministre, c’est Amadou Ba, ancien ministre de l’Économie et des Affaires étrangères.La colère de « Mimi »En attendant, il y en a une qui ne décolère pas… C’est l’ancienne Premier ministre, Aminata Touré…« Mimi Touré descend Macky Sall », lance le site d’information Senego. La dame de fer, comme on la surnomme parfois, accuse le président d’avoir favorisé l’élection au perchoir d’Amadou Mame Diop, pour des raisons familiales… Les deux hommes ont en effet des liens de cousinage.« Aminata Touré s'attendait à être candidate, mais malheureusement, affirme le siteDakar Actu, le président Sall a préféré mettre en lice un proche de la famille. Un député sorti du chapeau du président de la République qui n’avait jamais auparavant brillé par ses faits d'armes... »« La tête de liste nationale de Benno Bokk Yaakaara a donc boudé le scrutin, relève le quotidien Enquête. Une situation qui fait couler beaucoup d'encre et de salive, et interroge sur son avenir politique au sein de la majorité présidentielle. Certains parlent d’une cassure entre elle et le président Macky Sall. Pour d’autres, ce n’est pas le moment de parler de séparation. En fin de compte, conclut Enquête, tout dépendra du chef de l’État et des nouvelles missions dont il chargera Mimi Touré, pour faire passer la pilule de la présidence de l’Assemblée nationale. »

3mins

14 Sep 2022

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À la Une: une rentrée parlementaire sous haute tension au Sénégal

« Après 10 tours d’horloge et d’intenses discussions, l’Assemblée nationale a suspendu hier la suite de la rentrée parlementaire, pointe le site d’information Dakar Actu. La mise en place du bureau se poursuivra ce matin à 11h. C’est ce qu’a indiqué le nouveau président de l’Assemblée, Amadou Mame Diop, après son élection par les 83 députés de la majorité présidentielle. Pour rappel, poursuit Dakar Actu, les partis d’opposition, Yewwi Askan Wi et Wallu Sénégal, se sont abstenus de voter après avoir dénoncé la procédure d’installation. Des échauffourées et même de fortes bagarres ont éclaté dans l’hémicycle au regret d’une grande majorité de Sénégalais. »Personnalités « bouillantes »En effet, « les gendarmes ont envahi l’hémicycle, s’exclame le site d’information Rewmi. À peine le vote pour élire le président de l’Assemblée nationale avait-il démarré que les députés de l’opposition, dont Guy Marius Sagna, ont jeté leur bulletin de vote par terre, au lieu de le mettre dans l’urne. Pour faire bouger les choses, les gendarmes ont donc envahi l’hémicycle, devant les caméras de la RTS. » « Assemblée nationale : Amadou Mame Diop hérite du perchoir… au bout d’une journée chaotique, constate Seneweb. Il aura la tâche immense de tenir en respect un hémicycle rempli de personnalités bouillantes. »Bataille pour les postes ?Pour sa part, l’ancien ministre de l’Énergie sous le président Macky Sall, Thierno Alassane Sall, aujourd’hui simple député, exprime son inquiétude dans les colonnes du quotidien 24 Heures : « les nouveaux élus ne sont intéressés que par les postes, affirme-t-il. Et pire, ils ont choisi de le faire devant les Sénégalais. La rupture tant annoncée ne sera pas au rendez-vous. Pendant que les Sénégalais sont dans des difficultés, leurs députés sont là à se chamailler. »Qui de 2024 ?Le site d’information Seneplus  hausse le ton : « quand un président de séance parlementaire peut faire appel aux forces de l’ordre pour surveiller, contenir et organiser l’élection du président de l’Assemblée, cela peut s’apparenter à un coup d’État. Rampant, debout… En mouvement vers 2024. Ce 12 septembre annonce en effet ce qui se passera à coup sûr à la présidentielle de 2024, s’exclame Seneplus. Quand on fait intervenir les gendarmes pour l’élection du bureau de l’Assemblée, recourir à l’armée pour imposer une troisième candidature (à la présidentielle) ne relève plus de l’impossible… »Coude-à-coude…« Combat de boxe inédit sur le ring de l’Assemblée nationale sénégalaise ! », lance de son côté WakatSéra au Burkina Faso. « Un combat qui a mis aux prises les députés du pouvoir à ceux d’une opposition éclatée qui s’est retrouvée avec plusieurs candidats dans la course à la succession de Moustapha Niasse. Les pugilistes de Yewwi Askan Wi et de Wallu Sénégal, qui avaient mis dans leur escarcelle commune 80 sièges à l’issue des récentes législatives, n’ont pas pu boxer sous les mêmes couleurs de l’opposition réunie. Pourtant, ensemble, rappelle WakatSéra, ils avaient tutoyé le parti présidentiel, Benno Bokk Yakaar, qui a engrangé 82 élus, arrachant de justesse la majorité absolue grâce au renfort d’un faiseur de roi nommé Pape Diop. Finalement, en ce jour de vote du patron de l’Assemblée, les opposants ont jeté l’éponge donnant une victoire sans gloire au champion de la majorité, en l’occurrence, Amadou Mame Diop qui devient le patron du ring, pardon de l’hémicycle, avec 83 voix pour 84 votants. »Maturité démocratique ?Finalement, pointe Le Pays, toujours au Burkina Faso, « la configuration de l’Assemblée révèle le dynamisme de la démocratie sénégalaise. Au contraire de ce que bien des Parlements africains nous ont habitués à voir, avec des majorités écrasantes de députés du parti au pouvoir, ici, l’écart est très faible. Ce qui traduit la maturité politique du peuple sénégalais (…). Les Sénégalais qui ont montré qu’ils n’entendaient pas laisser les mains libres au président Macky Sall pour faire ce qu’il voulait, mais que, bien au contraire, ils entendaient, à travers le grand nombre des députés de l’opposition, avoir un droit de regard sur les affaires politiques de leur pays, et exercer un contrôle plus serré sur l’action gouvernementale. »

3mins

13 Sep 2022

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À la Une: pas que des louanges en Afrique pour la reine Elizabeth…

Si Le Point Afrique insiste sur la complicité qui existait entre la reine d’Angleterre et Nelson Mandela, au point qu’ils s’appelaient par leurs prénoms, Le Monde Afrique , pour sa part, relève que la disparition d’Elizabeth II a certes « déclenché un concert d’hommages et de louanges à travers le monde » mais qu’elle « a également suscité des commentaires acerbes au sein des ex-colonies britanniques. Des critiques qui rappellent les épisodes tragiques, les spoliations et la répression qui ont marqué l’histoire de l’empire colonial britannique, dont la reine est perçue à la fois comme le symbole et l’héritière. »En témoigne, pointe Le Monde Afrique, la réaction en Afrique du Sud du parti Combattants pour la liberté économique du tribun populiste, Julius Malema : « nous ne pleurons pas la mort de la reine Elizabeth, affirme ce parti, puisqu’elle nous rappelle une période très tragique dans l’histoire de notre pays et de l’Afrique. La Grande-Bretagne, sous la direction de la famille royale, a pris le contrôle permanent du territoire en 1806. A partir de ce moment, les peuples autochtones n’ont jamais connu la paix. Durant ses soixante-dix ans de règne, la reine n’a jamais reconnu les atrocités que sa famille leur a infligées. »Voix discordantes…Au Kenya, des voix se sont élevées également, relève Le Monde Afrique : « personne ne mentionne ce que les Britanniques faisaient au Kenya lorsqu’elle est devenue reine, a twitté le chroniqueur et caricaturiste kényan Patrick Gathara. Les faits ont tendance à compliquer le conte de fées. » De fait, précise le journal, « quelques mois après l’accession au trône d’Elizabeth II, débutait la révolte des Mau-Mau. Tout au long de cette rébellion anticolonialiste, violemment réprimée par les colons britanniques, quelque 100.000 Kényans ont trouvé la mort et 300.000 autres ont été emprisonnés. »Enfin, des voix discordantes aussi au Nigeria, avec le rôle joué par la Grande-Bretagne dans la guerre civile nigériane qui a suivi la décolonisation du pays en 1960. Et Le Monde Afrique de citer ce journaliste nigérian : « personnellement, je suis plus ému en pensant aux deux millions de morts igbo durant la guerre civile. On sait que les Biafrais ont été abandonnés à leur sort sans aucune intervention de la Grande-Bretagne qui voulait protéger ses intérêts économiques. »Au-delà de la reine, la monarchie en ligne de mireAutant de critiques qui, en réalité, dépassent la personnalité de la souveraine… C’est du moins ce qu’estime Matthew Smith, professeur d’histoire à l’University College de Londres, cité par Le Monde Afrique : « je pense, dit-il, que lorsque les gens expriment ces opinions, ils ne pensent pas spécifiquement à la reine Elizabeth. Ils pensent à la monarchie britannique en tant qu’institution et à la relation de la monarchie avec les systèmes d’oppression, de répression et d’extraction forcée de la main-d’œuvre, ainsi qu’à l’exploitation des ressources naturelles et aux systèmes de contrôle forcés. »Les prix explosent sur le continent…A la Une également : la hausse des prix sur le continent… Exemple au Sénégal : « On va trinquer », s’exclame le quotidien 24 Heures. « Tout flambe !, dénonce le journal. C’est l’expression consacrée d’Est en Ouest et du Nord au Sud du Sénégal ! Résultats des courses : ce mouvement des prix pourrit la vie des Sénégalais. » Le riz, le lait, et l’huile, notamment ont vu leur prix exploser… Et « dans ce contexte de hausse du coût de la vie, les salaires ne suivent pas pour les travailleurs des secteurs de l’informel et du privé », dénonce encore 24 Heures.Enfin, des mouvements de grogne contre la vie chère également au Burkina Faso… « Pour exprimer au gouvernement de Transition, leur ras-le-bol face à la flambée des prix des hydrocarbures et plus globalement des produits de première nécessité, trois associations de défense des consommateurs du Burkina Faso ont organisé un concert de casseroles dix minutes à l’heure du dîner, vendredi soir à Ouagadougou », pointe Le Pays. Le vacarme attendu a été couvert par la pluie et les participants n’étaient pas très nombreux, reconnait le journal, « pour autant, le gouvernement burkinabè ne devrait pas sous-estimer cette première alerte, estime Le Pays, depuis la double augmentation des prix des hydrocarbures de mai et d’août derniers, qui a eu des répercussions sur toute la chaîne d’approvisionnement et de consommation, car elle pourrait servir de prélude ou de catalyseur à des scènes de mécontentements. (…) A vrai dire, conclut le quotidien burkinabé, nous avons là une bombe atomique à retardement. »

4mins

12 Sep 2022

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À la Une: Elizabeth II l’Africaine

Vibrant hommage, naturellement, de la presse anglophone, mais aussi de la francophone. Témoin, en République démocratique du Congo, la Une du journal Le Nouvel Observateur. « La reine Elizabeth II a tiré sa révérence !!! », peut-on y lire. Ce journal kinois rappelle qu’à l’occasion du dernier jubilé de la reine, la Chargée d’affaires du Royaume-Uni en RDC a souligné le fait qu’au cours du règne d’Elizabeth II, « le Royaume-Uni a mis fin au colonialisme qui a causé du tort à plusieurs nations ».Au Burkina Faso, le journal Aujourd’hui évoque le voyage de la reine au Ghana, en 1961 « contre l’avis du palais et de la presse britannique. Et pour cause, une semaine avant ce déplacement, Kwame Nkrumah avait été victime d’un attentat. En outre, Kwame Nkrumah était taxé de satrape qui emprisonnait ses opposants. Malgré tout, Queen Elizabeth II fera le voyage dans l’ex-Gold Coast et sera bien accueillie par les populations et réussira même à empêcher la sortie du Ghana du Commonwealth. En outre, elle pèsera de tout son poids pour que les États-Unis d’Amérique qui voulaient geler leurs aides au Ghana (pour proximité avec la Russie) reconsidèrent leurs positions et à poursuivre le financement des projets (comme le barrage de la Volta) ».« L'Afrique pleure "sa" reine ! », enchérit le quotidien WakatSera. « Sa reine » ? « Certes, la presque centenaire (…) n’était pas une reine africaine, mais c’est en Afrique qu’elle est devenue reine d'Angleterre, rappelle ce journal ouagalais. C’est alors qu’elle séjournait au Kenya que son époux, le prince Philip avec qui elle a partagé presque toute son existence, lui a annoncé la mort de son père, le roi Georges VI, emporté par un cancer de poumon. Elizabeth n’avait que 25 ans ! »Dancing queenSouvenirs, souvenirs, encore avec des pas de danse dans les bras de Kwame Nkrumah. C’était il y a pile 61 ans. Et WakatSera n’a pas davantage oublié. Elizabeth II « va même oser briser bien des mythes, s'offrant au passage une danse dans les bras du panafricaniste célèbre, le Ghanéen Kwame Nkrumah (…) Et ce n’était que le début de la fin de bien des tabous, la reine d’Angleterre ayant opté de se rendre en Zambie, en 1979 malgré l’opposition de la Première ministre britannique de l’époque, Margaret Thatcher, la "Dame de fer". Ce sera, du reste, l’occasion pour la reine Elizabeth II de renforcer ce lien avec l’Afrique et de mettre en exergue son aversion pour les inégalités et la ségrégation, en présidant la signature de la Déclaration de Lusaka sur le racisme et les discriminations. Et pour marquer ce refus contre l’apartheid, la reine de la longévité, de la santé et qui a bien vieilli en menant le bon combat, ne mettra pas les pieds pendant une quarantaine d’années en Afrique du Sud où le régime de l’apartheid, qui a fait de l’oppression des noirs son sens d’exister, faisait la pluie et le beau temps. Cependant, la reine et le leader de l’ANC, Nelson Mandela, se vouaient une considération mutuelle », énonce WakatSera.En Côte d’Ivoire, l’annonce du décès de la reine d’Angleterre est hissée à la Une des quotidiens Fraternité Matin, Le Patriote, L’Inter, Dernière Heure Monde, Le Nouveau Réveil, Le Bélier, Notre Voie ou encore Le Miroir.Au Sénégal, les quotidiens EnQuête et 24 Heures signalent aussi en Une la disparition d’Elizabeth II, 24 Heures pointant les condoléances du président Macky Sall, qui a notamment salué le « parcours exceptionnel d’une illustre défunte ».

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9 Sep 2022

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À la Une: divorce au sommet au Burundi

Un président qui se sépare de son Premier ministre, rien de plus banal. Mais quand le premier accuse implicitement le second de vouloir fomenter un coup d’État, ça l’est moins… Le Premier ministre burundais Alain Guillaume Bunyoni, « à maintes reprises désapprouvé à demi-mot ou dans des termes à peine voilés par le Chef de l’Exécutif », affirme le site d’information burundais Iwacu, a donc été remplacé par Gervais Ndira-kobuca, lieutenant-général de police et tout-puissant ministre de l’Intérieur.Les Burundais n’ont pas besoin de ça…En 60 ans d’indépendance, le Burundi a connu 11 coups d’État, rappelle le site Yaga Burundi. « Alain Guillaume Bunyoni que le président de la République accuse de se croire "intouchable", s’il nourrit réellement l’idée d’un coup d’État, rien ne devrait nous surprendre : le Burundi pendant soixante ans a regorgé de telles personnes. Mais, hélas, s’exclame Yaga Burundi, ces temps-ci, nous ne devrions pas nous perdre dans les complots politiques. Nous sommes au bord du gouffre économiquement parlant. (…) La population vit dans une misère extrême. (…) Si le Burundi venait à subir une crise politique majeure, à l’instar d’un coup d’État, il tomberait si bas que même le nouveau Raïs qui se serait installé par la force aurait du mal à gouverner. (…) Le Burundais est fatigué, insiste encore Yaga Burundi, il a d’autres soucis (se nourrir quotidiennement, cultiver son champ…). Les hommes politiques devraient se concentrer à améliorer les vies des millions de Burundais plutôt que de jouer à Game of Thrones. »Malaise ?En tout cas, s’interroge Le Pays au Burkina Faso, « que s’est-il passé pour que le président Evariste Ndayishimiye, et son Premier ministre, qui s’entendaient comme larrons en foire, en viennent à étaler leurs divergences sur la place publique au point d’en arriver à un divorce ? Difficile de répondre à cette question que se posent actuellement bien des Burundais. Pour le moins, affirme Le Pays, on sait qu’en matière de gestion du pouvoir, les alliés d’hier deviennent parfois encombrants, si bien que certains dirigeants n’hésitent pas à s’en séparer. Le plus souvent, quand on ne les accuse pas de corruption ou de détournement de deniers publics, ces dignitaires, devenus subitement des parias, sont accusés de menées subversives, comme c’est le cas. (…) Ce changement cache mal un malaise au sommet de l’État », relève encore le quotidien ouagalais.Mali : la soif d’or de WagnerÀ la Une également, cette enquête de Jeune Afrique : « comment Wagner compte faire main basse sur des mines d’or au Mali. » Jeune Afrique qui dévoile que le groupe paramilitaire russe demande « 10 millions de dollars par mois contre le déploiement d’environ 1.200 hommes sur le terrain. (…) Confronté aux difficultés de paiement de son client malien jusqu’à la levée des sanctions de la Cédéao en juillet, Wagner entend désormais trouver une solution pérenne et lucrative, affirme Jeune Afrique. Laquelle passe, notamment, par les mines d’or du pays. Toujours selon le site panafricain, Wagner a chargé deux géologues russes de faire fructifier ses activités minières sur les rives du fleuve Niger. Jeune Afrique donne même leurs noms : Viktor Popov et Sergueï Laktionov. Ils seraient en négociations avec les autorités maliennes pour l’octroi de trois mines d’or, actuellement exploitées par des groupes canadiens et australiens. Les deux premières mines d’or sont situées dans le sud-ouest du pays, près de la frontière avec le Sénégal, et la troisième dans le sud-est, près de la Côte d’Ivoire. »Encore des exactions ?Le Mali toujours, avec de nouvelles accusations d’exactions de la part de l’armée malienne et des supplétifs russes… des accusations d’agressions sexuelles et de pillage sur des populations civiles dans le village Nia Ouro, proche de la ville de Djenné, dans le centre du pays. Des témoignages recueillis récemment par RFI font état de viols. Le Monde Afrique fait état également de cas d’agression sexuelles. Les faits se sont produits dimanche dernier, rapporte le journal, quand « vers 6 heures du matin, le trio Forces armées maliennes, paramilitaires du groupe Wagner et chasseurs traditionnels dozos ont pénétré dans les lieux, les hommes s’étaient déjà enfuis en brousse. Ne restaient que les personnes âgées, les enfants et les femmes à interroger. »Pour sa part, rappelle Le Monde Afrique, « l’armée malienne continue d’affirmer qu’elle vole de victoire en victoire, et toujours avec des méthodes exemplaires. »

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8 Sep 2022

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À la Une: le terrorisme ne désarme pas au Sahel

Avec cette dernière attaque en date : celle qui a endeuillé le Burkina Faso le 5 septembre. « Trente-cinq morts et une quarantaine de blessés !, soupire Le Pays. C’est le bilan provisoire après l’explosion, au contact d’une mine, d’un véhicule de transport qui faisait partie d’un convoi de ravitaillement escorté en partance pour Ouaga, entre Djibo et Bourzanga. (…) Ce massacre de civils à l’engin explosif improvisé est d’autant plus marquant, pointe Le Pays, qu’il intervient au lendemain du discours-bilan des sept premiers mois de pouvoir du président Damiba. C’est dire s’il s’agit là d’un véritable pied de nez à l’officier-président. »En effet, renchérit L’Observateur Paalga, « les terroristes auraient voulu faire la nique au lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba qu’ils ne s’y seraient pas pris autrement. Une véritable hécatombe qui vient comme une réponse sanglante au président du Faso qui se félicitait, la veille, d’une embellie sur le plan sécuritaire. »Et le quotidien ouagalais de s’adresser directement au chef de la junte : « voilà le problème, monsieur le président. On veut bien partager l’optimisme que vous avez distillé dimanche passé, mais force est de reconnaître que chaque coup asséné par l’ennemi vient nous plonger dans la sinistrose. »Collaboration entre Ouagadougou et Bamako ?Cette attaque intervient également au lendemain de la visite de travail et d’amitié à Bamako du lieutenant-colonel Damiba : visite au cours de laquelle « les responsables des juntes malienne et burkinabè ont décidé de "renforcer leur partenariat militaire", pointe Le Monde Afrique.Cette « visite à Bamako du colonel Damiba illustre le redéploiement stratégique déjà engagé à Ouagadougou », avance pour sa part Le Point Afrique. Et on en vient à se demander, poursuit le site, « si Ouagadougou est prêt à desserrer ses liens de coopération militaire avec un partenaire historique tel que la France, qui a fortement participé, avec Barkhane, à des opérations qui ont débouché sur des succès sur le sol burkinabè comme celle menée fin mai dernier à Bourzanga, dans le nord du pays. »L’armée malienne crie victoire…Justement, au Mali voisin, la junte militaire fait état d’avancées et de victoires contre les groupes terroristes… « Les forces armées maliennes maintiennent leur dynamique offensive de recherche, de neutralisation des terroristes et de destruction de leurs sanctuaires dans le cadre de l’opération Keletigui du plan Maliko », affirment les autorités dans un communiqué repris par le site Maliweb qui précise que « plus de 120 terroristes ont été neutralisés le mois dernier ».Depuis ces 15 derniers jours, l’armée malienne multiplierait les « raids aériens et terrestres contre l’EIGS, l’État islamique dans le Grand Sahara, dans la région de Tessit. » C’est ce qu’affirme le site Mali Tribune qui cite également des sources militaires.Au détriment des civils ?Interrogé par Jeune Afrique, Marc-Antoine Pérouse de Montclos, directeur de recherches à l’Institut de recherche pour le développement à Paris, s’inscrit en faux. Pour lui, « la réalité est moins plaisante à entendre. Gangrénée depuis plusieurs décennies par la corruption, l’indiscipline, le népotisme et l’impunité, l’armée malienne se révèle incapable de protéger les civils dans les zones rurales les plus reculées, affirme le chercheur. Ces derniers doivent en conséquence négocier des ententes avec les djihadistes pour assurer leur survie. Pis encore, la soldatesque de Bamako nourrit le conflit en stigmatisant et en massacrant des Peuls qui, automatiquement suspectés de sympathies terroristes, vont rejoindre les rangs des insurgés pour essayer d’échapper aux exécutions extrajudiciaires ou à la torture en prison. Les rapports des Nations unies et des organisations de défense des droits humains sont accablants, pointe encore Marc-Antoine Pérouse de Montclos. D’après les témoignages recueillis dans le centre du Mali, les militaires et leurs supplétifs miliciens continuent de tuer des civils et d’opérer des rafles arbitraires. Ils ciblent notamment les jeunes qui ont pour simple tort d’être barbus, "preuve" de leur inclination islamiste. (…) Face à des civils pris entre deux feux, l’armée malienne, elle, nie en bloc les accusations dont elle fait l’objet. À en croire ses responsables, sa composition multiethnique la préserverait de tout risque de ciblage communautaire. Entre propagande et mensonge d’État, conclut le chercheur, le déni de réalité n’en est que plus évident. »

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7 Sep 2022

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À la Une: un an de pouvoir militaire en Guinée

La chute du régime du président Alpha Condé et l’émergence dans la foulée du colonel Mamadi Doumbouya : c’était il y a un an. L’occasion donc du bilan.Pour le site d’information guinéen Aminata, ce premier anniversaire « coïncide avec un divorce progressif d’avec le peuple de Guinée qui sort progressivement de sa désillusion. Cet anniversaire arrive dans un contexte de méfiance, alimenté par la détention d’acteurs politiques ou de la société civile, d’exil forcé pour d’autres encore et de répressions sanglantes, comme aux heures les plus chaudes du régime déchu d’Alpha Condé. »Aminata qui a recueilli le sentiment de quelques citoyens dans la ville de Labé : « Ibrahima est formel : "ce qui a marché", affirme-t-il, c’est le départ d’Alpha Condé, la route et le courant un peu moins, sinon l’insécurité s’est installée et la vie chère est partout. La destruction des maisons et les tueries sont négatives. »A contrario, « Saikou est convaincu par les actions du CNRD : "c’est historique, dit-il, c’est la première fois dans ce pays que des gens sont mis en prison pour ce qu’ils ont fait, surtout des ministres. Comment voulez-vous que ce pays marche sans ces valeurs…" » Optimisme ?Sur Ledjely, autre site d’information guinéen, La Cause Guinée, un groupe de réflexion qui se définit comme refusant la fatalité quant à l’avenir du pays, essaye d’entrevoir le meilleur des futurs… « Le CNRD peut changer la donne, affirme-t-il, et baliser le chemin d’une démocratie institutionnelle forte. » Pour ce faire, « la junte doit éviter d’emprunter les chemins douteux d’une passation de pouvoir à un acteur politique choisi. La légitimité est à conquérir et non à négocier. Le CNRD se doit d’être neutre entre les potentiels compétiteurs politiques. »► À lire aussi : Guinée: journée marquée par une cérémonie mais aussi la colère, un an après le coup d’ÉtatLa Cause Guinée plaide également pour une « gouvernance vertueuse, inclusive, respectueuse des différences. Entamer un dialogue franc et sincère : le dialogue prôné se doit d’être effectif. (…) Et le retour à l’ordre constitutionnel ne peut réussir sans les acteurs socio-politiques qui sont les seuls compétiteurs autorisés en démocratie. »Divorce…Toutefois, on est loin de cette démarche… Un an après le putsch, constate Jeune Afrique, « le divorce avec les Guinéens semble consommé. Les opposants à Alpha Condé, qui applaudissaient des deux mains le coup de force des militaires, ont abandonné depuis plusieurs mois la caution de "bonne foi" accordée à Doumbouya. (…) À l’origine de la colère, un pouvoir verrouillé, de plus en plus opaque, selon plusieurs observateurs. »En fait, s’interroge Jeune Afrique, « Mamadi Doumbouya a-t-il jamais voulu ouvrir démocratiquement le pays ? Certains penchent de plus en plus pour une autre hypothèse : si le chef des Forces spéciales s’est décidé à assaillir le palais de Sekhoutoureya, ce 5 septembre 2021, c’est parce qu’il se savait dans le collimateur d’Alpha Condé et de son puissant ministre de la Défense, Mohamed Diané. C’est tout. » Bouffon ?« Un an après le putsch de Doumbouya, le désenchantement », lance pour sa part L’Observateur Paalga à Ouagadougou. « Alors qu’il était censé reconstruire l’armature institutionnelle du pays à travers, entre autres, la relecture du Code électoral, la révision du fichier électoral et l’organisation d’un dialogue politique pour un retour rapide à l’ordre constitutionnel normal, l’ancien commandant des forces spéciales s’est arrogé une transition de trente-six mois. (…) Et les manifestants continuent d’être traqués, réprimés, parfois tués, les leaders politiques et associatifs embastillés et les libertés individuelles et collectives fortement restreintes. À tout cela, pointe encore L’Observateur Paalga, s’ajoute le côté bouffon du personnage dont les apparitions publiques sont presque théâtrales avec ce régiment de gardes prétoriennes cagoulées, armées jusqu’aux dents au point de friser le ridicule. Et que dire des posters géants qui trônent le long de certaines rues de la capitale trahissant ainsi l’appétence de l’ancien légionnaire pour le culte de la personnalité ? »Jusqu’à quand ?WakatSéra, toujours au Burkina, n’est pas plus indulgent… « 36 mois de surplace, pour ne pas dire de retour en enfer. C’est le quotidien des Guinéens confrontés, en plus, au chômage, à la vie chère marquée par une hausse vertigineuse des prix et une crise économique aiguë, le tout couronné de tensions politiques inquiétantes, car entretenues par des hommes ayant le doigt sur la gâchette. »Et WakatSéra de s’interroger : « jusqu’à quand la junte militaire fera-t-elle la loi dans une Guinée dont le peuple, lassé des violences politiques et des pouvoirs de fer, aspire à autre chose, c’est-à-dire au développement dans la paix et la cohésion sociale ? »

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6 Sep 2022

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À la Une: 49 – 3 = 46

Sur les 49 militaires ivoiriens retenus au Mali depuis la mi-juillet, trois ont été libérés samedi. Il s’agit de 3 femmes. Une « mesure humanitaire », ont affirmé les autorités maliennes. Les 46 soldats ivoiriens restants attendent leur libération.« Le 10 juillet, rappelle Jeune Afrique, ces 49 soldats ivoiriens en tenue militaire, mais non armés, avaient débarqué à Bamako (…). Ils avaient été aussitôt interpellés et interrogés sur les raisons de leur présence au Mali, n’ayant "ni ordre de mission, ni autorisation" pour y être, selon les autorités maliennes. Dès le lendemain, ils avaient été accusés d’être des "mercenaires" (…). Mais Abidjan assure que ces soldats étaient en mission pour l’ONU, dans le cadre d’opérations de soutien logistique à la Mission des Nations unies au Mali et exige leur libération. »Décrispation ?Depuis, c’est le bras-de-fer diplomatique entre les deux pays. Mais ces libérations constituent un premier pas vers une décrispation. « Arrivées samedi soir à bord d’un vol spécial, rapporte L’Infodrome à Abidjan, les trois femmes du groupe à savoir Awa Bakayoko, Adèle Blédou Kanga et Sita Bamba ont reçu un accueil chaleureux et émouvant de la part de leur famille et camarades de promotion.Des scènes de joie, des pleurs et des prières ont marqué l’arrivée des trois militaires. »« Geste humanitaire, geste de bienveillance, signe d’espoir ou de décrispation… La libération de ces trois militaires ivoiriennes est un peu de tout cela à la fois », commente pour sa part le site d’information Maliweb. « Entre Abidjan et Bamako, la médiation togolaise semble avoir fait effet. Le "sans délai" jadis proclamé par Abidjan n’est plus à l’ordre du jour. Même si les "excuses" exigées par Bamako ne sont pas encore là, la Côte d’Ivoire a finalement reconnu des "manquements" et "incompréhensions" suite au déploiement de ses soldats au Mali. Un début de mea-culpa qui a vraisemblablement permis à l’homme fort de Koulouba de mettre enfin "un peu d’eau dans son gnamakoudji". »Diplomatie souterraineD’après le site Africa Intelligence, « Alassane Ouattara et Assimi Goïta seraient parvenus à un accord le 1er septembre pour la libération de tous les militaires ivoiriens arrêtés le 10 juillet. Une décision qui doit être officialisée dans les tous prochains jours. »Une solution serait en vue, renchérit Aujourd’hui au Burkina Faso : « la liberté retrouvée pour ces trois dames est le croisement d’une diplomatie souterraine, dont le président togolais Faure Gnassingbé était à la baguette, et d’un "arrangement  judiciaire". Car rien que la (récente) présence à Lomé du ministre togolais Ribert Dussey et de son homologue malien, Abdoulaye Diop, et surtout du ministre-directeur de cabinet d’Alassane Ouattara, Fidèle Sarassoro, lequel parlant de "manquements et d’incompréhensions", la présence de ces personnalités dans la capitale togolaise montre à souhait que cette libération a été très bien pilotée. Et que la Côte d’Ivoire et le Mali essayent de trouver un modus vivendi pour régler cet incident qui empoisonne leurs relations depuis presque 3 mois. (…) Sans doute qu’une solution définitive est dans les tuyaux et on espère que chacun tirera les leçons de cet évènement gravissime dans une sous-région malmenée par le terrorisme et qui n’a pas intérêt à entretenir des tensions inutiles. »Syndrome de persécution ?Comment en est-on arrivé là ? « Des dysfonctionnements et des non-dits ont vicié cet envoi en mission des Ivoiriens, pointe WakatSéra, toujours à Ouaga. Des failles aussitôt exploitées par le colonel Assimi Goïta et ses hommes. Ces derniers réservaient visiblement un chien de leur chienne à Alassane Ouattara. En effet celui-ci est accusé par le gouvernement malien de transition d’avoir constitué la ligne dure dans la prise de sanctions de la CEDEAO contre les putschistes. Finalement, relève encore WakatSéra, la diplomatie semble reprendre ses droits dans cette grosse montagne qui a failli mettre à mal le vivre-ensemble légendaire entre les voisins et "frères" du Mali et de la Côte d’Ivoire. »Toutefois, tempère L’Observateur Paalga , « c’est à se demander si, finalement, le colonel Assimi Goïta ne souffre pas du syndrome de persécution, car quand bien même ADO serait considéré par certains comme le "valet local de l’impérialisme français" en Afrique de l’Ouest, on voit mal comment il pourrait prendre le risque d’ajouter du chaos au chaos chez son voisin, au risque d’en subir, immanquablement, l’effet boomerang. Vivement donc une paix définitive des braves, s’exclame L’Observateur, pour se consacrer à l’essentiel : la lutte contre le terrorisme ainsi que le développement économique et social des populations qui ont sans doute des préoccupations plus vitales que ces bisbilles politico-militaires. »

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5 Sep 2022

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À la Une: la guerre d’influence 3.0 en Afrique, la France contre-attaque

La France passe à l’offensive dans la guerre de l’information. Pour contrer l’influence étrangère, en Afrique notamment, où le sentiment anti-français a nettement progressé ces dernières années, militaires et diplomates français vont devoir mieux coordonner leurs actions.« Jupiter ordonne une cyber-riposte », formule L’Observateur Paalga, et, par « Jupiter », ce quotidien burkinabè, vous l’aurez traduit, entend parler d’Emmanuel Macron. Car le président français, hier jeudi, a notamment incité les ambassadeurs à être « plus agressifs » et « plus mobilisés dans la lutte d’influence et notamment sur les réseaux sociaux ».« Les diplomates français sont donc invités à être « réactifs », relève L’Observateur Paalga. « Comme quoi, souligne ce quotidien ouagalais, pour le président français, la « diplomatie de combat » passe par la guerre de la communication. « Mais une chose est de s’y engager, une autre est de la gagner ». Comme le souligne L’Observateur Paalga, ce n’est un secret pour personne qu’en Afrique, « l’image de la France est de plus en plus saccagée, notamment à propos de la guerre contre le terrorisme. Sur ce chapitre, la brouille diplomatique entre Paris et Bamako est assez symptomatique d’un coq gaulois qui perd son beau plumage sous nos tropiques », L’Observateur Paalga ajoutant que, pour Emmanuel Macron, « l’Afrique est le laboratoire de cette agression contre l’influence et l’image de l’Hexagone par le biais des réseaux sociaux ».Cyberguerre En France aussi, cette volonté de passer à l’offensive dans la guerre de l’information en Afrique est relevée par la presse. Témoin Le Figaro. « Au sommet de l’État, on a sonné la mobilisation, souligne ce quotidien. Une meilleure coordination de l’influence française en Afrique va être recherchée avec la nomination de l’ancienne ambassadrice au Ghana Anne-Sophie Avé au poste d’ambassadrice de la diplomatie publique en Afrique ».Ce journal souligne qu’hier, Emmanuel Macron a déploré que la France soit « souvent » attaquée, le chef de l’Etat ayant dénoncé les « narratifs, russe, chinois ou turc » qui viennent expliquer, en Afrique, que « la France est un pays qui fait de la néocolonisation ». Le Figaro remarque également que le président français a souligné la nécessité d’installer « notre narratif », en s’interrogeant notamment « sur le rôle du réseau France Médias Monde, qui réunit RFI et France 24. Il n’a pas dit comment conjuguer lutte d’influence et indépendance des rédactions », complète cependant notre confrère.La prisonnière de la laguneEn Côte d’Ivoire, la militante des droits de l’homme Pulchérie Gbalet est toujours en prison. Et les appels à sa libération se multiplient. Et pas seulement sur les bords de la lagune Ebrié. Témoin celui lancé aujourd’hui par un journal du Burkina Faso voisin. « Libérez Pulchérie Gbalet de sa galère », enjoint ainsi le quotidien Wakat Sera.Depuis le 22 août dernier, la présidente de l’ONG Alternative citoyenne ivoirienne est en prison. Selon ce journal, l’incarcération de Pulchérie Gbalet « est loin d’avoir été faite dans les règles de l’art. Elle a plutôt des allures d’un guet-apens ». Wakat Sera voit en elle « un mouton de sacrifice (dont) on ne peut que demander (la) libération (…) au nom de l’État de droit dont se revendique la Côte d’Ivoire ! ».En Côte d’Ivoire aussi, l’affaire Pulchérie Gbalet demeure à la Une. À celle de Générations Nouvelles, par exemple. Quotidien proche de Guillaume Soro, ce journal signale que les avocats de la militante des droits humains dénoncent des motifs « surprenants et incompréhensibles ».A la Une du journal Le Mandat, Adama Diomandé, cadre du RHDP, le parti du président Alassane Ouattara, « plaide pour Pulchérie Gbalet ».De son côté, le quotidien L’Intelligent d’Abidjan rapporte les arguments de l’un des avocats de Pulchérie Gbalet, qui fustige « d’énormes irrégularités » dans la procédure d’interpeller sa cliente. Maître Éric Saki, c’est son nom, entend dénoncer une « forfaiture » et de « flagrantes violations des règles élémentaires de procédure », soulignant en sa qualité de défenseur des droits de l’homme, que la loi prévoit que Pulchérie Gbalet ne peut faire l’objet de poursuites judiciaires « qu’après information du Ministre chargé des droits de l’Homme », énonce encore L’Intelligent d’Abidjan (lequel journal soufflera demain ses 19 bougies). Bon anniversaire, confrère !

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2 Sep 2022

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