OwlTail

Cover image of Reportage Afrique

Reportage Afrique

Nos correspondants et envoyés spéciaux sur le continent africain vous proposent, chaque jour, en deux minutes une photographie sonore d'un évènement d'actualité ou de la vie de tous les jours. Ils vous emmènent dans les quartiers ou dans les campagnes pour vous faire découvrir l'Afrique au jour le jour.

Popular episodes

All episodes

The best episodes ranked using user listens.

Warning: This podcast data isn't working.

This means that the episode rankings aren't working properly. Please revisit us at a later time to get the best episodes of this podcast!

Podcast cover

Maroc: la légalisation du cannabis inquiète les petits producteurs [1/2]

Le Maroc s’apprête à produire et commercialiser du cannabis thérapeutique, un tournant dans l’histoire du plus gros pays producteur au monde, selon l’ONU. Depuis juin 2021, la culture et la transformation du chanvre à des fins médicales, cosmétiques et industrielles sont légalisées dans certaines parties du Royaume. C’est le cas dans la province de Chefchaouen, dans le Rif, au nord du pays, où la nouvelle loi sur la légalisation n'est pas encore arrivée à l'oreille des petits producteurs. C’est le premier épisode de notre reportage dans les montagnes rifaines, une région historique de production de cannabis. La deuxième partie sera consacrée à la vie des petits cultivateurs de cannabis de Chefchaouen.► À lire aussi:• Le Maroc pourrait légaliser l'usage thérapeutique du cannabis• Le Maroc condamne le trafiquant de drogue Sofiane Hambli à 20 ans de prison

2mins

30 Nov 2022

Rank #1

Podcast cover

Tchad: après les inondations à Ndjaména, les sinistrés impatients de rentrer chez eux [3/3]

Les inondations dans la capitale tchadienne à partir de fin septembre ont obligé près de 150 000 personnes à quitter leurs maisons. Ces dernières semaines, les eaux ont commencé à se retirer, mais selon les experts, il est encore trop tôt pour que les sinistrés rentrent chez eux.  De notre correspondant à Ndjaména,Assis devant sa tente au milieu de ses enfants et petits-enfants, Philippe, 60 ans, rabote sur un morceau de bois. Dans le camp de Toukra où il a été relogé suite aux inondations qui l’ont obligé à partir de chez de lui, il ne supporte pas la promiscuité et dit n’attendre que le retrait des eaux pour repartir chez lui, bien que sa concession soit située en zone inondable. Coumakoye, lui aussi, sait qu’il habite en zone inondable, mais il n’a pas vraiment le choix. « Il faudrait que Dieu nous trouve une solution, parce qu'à notre niveau, nous ne sommes que des êtres humains. Comment on va faire ? », se demande-t-il. ► À lire aussi : Inondations au Tchad : des conditions de vie difficiles pour les sinistrés« Désormais, le problème, ce n'est plus de combattre l'eau, mais apprendre à vivre avec »Obligés de dormir dans des conditions inconfortables, parfois séparés de leurs familles, la plupart des sinistrés n’attendent que le retrait des eaux pour rentrer chez eux. Mais c’est risqué, le gouvernement ne devrait pas les laisser faire, prévient l’architecte Merlin Totinon. « Pendant deux mois, une crue a envahi toute la zone, explique-t-il. Toutes les ordures qui étaient dans les rues, les latrines sèches qui ont aussi été inondées, ont dû rejeter toutes les matières fécales dans cette eau-là, qui a certainement envahi toutes les cours et toutes les maisons. Donc, même si l'eau se retirait, il y aura une situation sanitaire qu'il faudra d'abord traiter. »Ensuite, il faudra revoir les conditions pour construire à Ndjaména, surtout dans le 9e arrondissement qui est entre deux fleuves, conseille l’expert. « Avec le changement climatique, les crues vont être permanentes, avertit l'architecte. Pour le moment, on dit que c'est cyclique et que ce n'est pas grave. Mais ces crues reviennent tous les deux ans ! Quand un citoyen prend ses économies pour aller construire quelque part, il espère que ce soit un logement durable, il ne veut pas évacuer tous les deux ans et revenir ensuite. Je crois que désormais, le problème, ce n'est pas de combattre l'eau, mais apprendre à vivre avec. »Les ordres des architectes et des ingénieurs doivent être associés à la réflexion, pour mieux faire face à la situation. ► À lire aussi :Tchad: la difficile scolarisation des enfants victimes des inondations

2mins

29 Nov 2022

Rank #2

Similar Podcasts

Podcast cover

Tchad: la difficile scolarisation des enfants victimes des inondations [2/3]

Au Tchad, comment continuer à scolariser les enfants victimes des graves inondations de ces dernières semaines ? Rien que dans la capitale, près de 150 000 personnes ont été obligées de quitter leurs domiciles. Installés dans des camps de fortune, ces sinistrés manquent d’infrastructures sanitaires et scolaires. Mais dans les camps, on s'organise pour que les enfants continuent à aller à l'école. De notre correspondant à Ndjamena,C’est l’heure des classes dans cette école de fortune située en face du camp des sinistrés de Toukra. Dans une grande cour prêtée par un particulier, une dizaine de salles de classes ont été construites. Des enseignants recrutés grâce à l’Unicef et l’ONG Technidev tiennent les classes.Neuzerka Patience est le directeur de l’école : « Malgré les petites difficultés, on évolue bien avec les enfants, le niveau de compréhension est mieux, et les enfants eux-mêmes sont vraiment courageux. Malgré leur nombre, les enseignants se sont donnés à fond pour travailler avec ces enfants et tout se passe bien. »La plus grande partie des enseignants sont eux-mêmes des sinistrés, confirme Neuzerka Patience. C’est le cas de Djerassem Samuel qui a enseigne une classe de CP avec plus de 150 élèves : « Je suis venu ici à Toukra parce que ma maison est en plein dans l'eau. J'ai vu que les enfants sont sans éducation, beaucoup d'écoles sont encore dans l'eau. C'est pour cela que nous avons commencé », dit l'enseignant.► À lire aussi : Inondations au Tchad: des conditions de vie difficiles pour les sinistrésAller au-delà de l'ouverture de classeSur presque tous les sites de sinistrés, de telles initiatives ont vu le jour. Pour le coordonnateur Sakal, Brahim Ousmane ouvrir les classes ne suffit pas : « Il faut vraiment des cantines scolaires et des manuels scolaires. Ils n'ont rien, ils sont venus avec rien. Là où ils sont, ils n'arrivent même pas à manger deux fois par jour », déplore Brahim Ousmane.Sur le site de Toukra, un groupe des jeunes volontaires aide les enseignants débordés à tenir les classes. Armbaye Providence fait partie des U report, les volontaires : « Nous encourageons les parents de leur permettre de venir à l'école chaque matin. Nous aidons aussi les enseignants à bien cadrer les enfants. Je transporte de l'eau pour remplir la jarre pour que les enfants puissent avoir de l'eau potable pour boire », explique la volontaire.Malgré les conditions difficiles, les élèves de cette école n’hésitent pas à entonner « Pour moi, la vie est facile, disait la petite hirondelle... »

2mins

28 Nov 2022

Rank #3

Podcast cover

Inondations au Tchad: des conditions de vie difficiles pour les sinistrés

Au Tchad, une partie de la capitale Ndjamena est sous les eaux depuis le mois de septembre. Face à la montée spectaculaire des eaux, de nombreux habitants ont été contraints de quitter leur domicile en abandonnant leurs biens. Pour les plus démunis qui n’ont pas pu louer ailleurs, des camps de fortune ont été dressés sur 15 sites à travers la capitale. Malgré les efforts du gouvernement et des organisations humanitaires, les conditions de vie dans les camps sont difficiles. De notre correspondant à Ndjamena,« On avait fait une digue, mais on a été dépassé. L'eau a débordé de l'autre côté, ça s'est enforcé. On a été dépassé et on a pris la fuite », raconte un habitant de Ndjamena du 9e arrondissement. Comme lui, ils sont près de 150 000 à avoir été obligés de partir à la hâte pour ne pas se noyer. C’est donc dans un grand dénuement que la plupart se sont retrouvés sous des bâches, dressées à la va-vite pour les plus chanceux, sinon sous des abris sommaires en pagnes et brindilles.À Toukra, un des 15 sites aménagés par le gouvernement pour environ 18 000 sinistrés, les plaintes fusent à la vue du micro : « J'ai [cherché] deux jours avant de pouvoir trouver le riz. Pour le reste, je n'ai pas trouvé », dit un rescapé. « C’est dur. Surtout pour nous les handicapés. Il fait froid et même pour la nourriture, nous n’avons été servis qu’une seule fois. Là, ils inscrivent les gens pour recevoir des sceaux, mais le temps que j’arrive, ils sont partis », déplore une sinistrée.► À lire aussi : Tchad: après les inondations, les associations craignent des cas de paludisme et choléra« On essaie de privilégier les ménages les plus vulnérables »Sous la tente qui lui sert de bureau, Mme Mah Aminata reçoit les acteurs humanitaires et enregistre les doléances. Mais elle explique que l’urgence ne permet pas de répondre à tous en même temps : « On ne distribue que ce qu'on reçoit. On ne peut pas distribuer ce qu'on n'a pas reçu », prévient Mah Aminata. « Si les couvertures arrivent en quantité insuffisante, on essaie de privilégier les ménages les plus vulnérables, c'est-à-dire les femmes enceintes, les femmes allaitantes, les personnes âgées puis les personnes handicapées. Ce sont ceux-là qui sont le plus privilégiés par rapport aux autres personnes. »La communauté des humanitaires qui peine à mobiliser les financements fait aussi face à d’autres défis. « Il y a certains produits qui sont difficiles à acheter sur le marché, en l'occurrence les moustiquaires », explique Dr Ahmed Aïda, chef des urgences à Unicef Tchad. « Ce sont des produits que l'on doit importer comme les médicaments. Cela prend beaucoup de temps et il faut se préparer en avance pour acquérir ces produits », ajoute-t-il.Chaque jour, les sites se transforment au fur et à mesure que les appuis arrivent en attendant que les eaux ne se retirent.

2mins

27 Nov 2022

Rank #4

Most Popular Podcasts

Podcast cover

Soudan du Sud: la réalisatrice Akuol de Mabior présente son film «No simple way home»

Après avoir fait le tour du monde et des festivals de cinéma avec son film documentaire No simple way home, la réalisatrice sud-soudanaise Akuol de Mabior est finalement venue le présenter à Juba, vendredi 25 novembre. Dans son film, la cinéaste explore son expérience, ses questionnements et ses difficultés à rentrer au pays après avoir vécu principalement à l’étranger. Le film est aussi un portrait de sa mère, Rebecca Nyandeng, devenue veuve en 2005, est aujourd’hui l’une des vice-présidentes du pays. C'est elle qui a inauguré la projection.  De notre correspondante à Juba,Les premiers spectateurs arrivent. On fait les derniers réglages. Akuol de Mabior se réjouit de montrer son travail au public de Juba, même si elle a déjà eu l’occasion de le montrer aux Sud-Soudanais de la diaspora.« Nous avons une forte identité sud-soudanaise, même si certains d’entre nous ne sont pas nés ou n’ont pas grandi ici. Les Sud-Soudanais de la diaspora se posent les mêmes questions que celles que je pose dans le film, ils peuvent ainsi voir comment ça se passe au Soudan du Sud pour ceux qui veulent rentrer au pays. »La vice-présidente Rebecca Nyandeng, qui est au centre du documentaire, s'est souvenue du jour où elle a perdu son mari, John Garang : « C’était comme si le soleil avait disparu. Tout est devenu sombre. Mais ce que je n’ai pas perdu de vue, c’est d’œuvrer pour que le Soudan du Sud soit libre. »► À lire aussi :  Akuol de Mabior raconte son Soudan du Sud, une histoire familiale très politiqueExpérience partagéeBeaucoup de Sud-Soudanais vivant à Juba partagent cette expérience du retour, Rachel Abuk, une militante pour les droits des femmes, s’est reconnue dans les questionnements du film : « J’ai personnellement grandi au Kenya et revenir au pays a été un énorme choc culturel, avec toute la souffrance qu’il y a ici. Mais ce que l’on essaie de faire, c’est de rendre le pays meilleur. On ne peut pas rester là à pleurer. On essaie de changer les choses à notre niveau. »Mary Kadi, spécialiste en communication, a, elle aussi, été conquise : « Le film parle de l’économie, des catastrophes naturelles que nous traversons, de la lutte des gens pour gagner leur vie, de la vision que nous avions et que nous essayons d’atteindre. Je suis contente, car cela prépare le terrain pour beaucoup de réalisateurs sud-soudanais qui veulent faire des projets similaires. »Encouragés par cette première projection sud-soudanaise, Akuol de Mabior et son équipe prévoient de faire circuler le film dans le reste du pays.

2mins

26 Nov 2022

Rank #5

Podcast cover

Dans l'extrême nord de Madagascar, d'anciens charbonniers devenus protecteurs de la forêt

Dans l’aire protégée de la Montagne des Français, à Diego Suarez, le Service d’appui à la gestion de l’environnement mise sur l’alliance de la conservation de la biodiversité et l’implication des communautés locales pour relever le défi de la protection et de la restauration de la forêt sèche. Un travail de longue haleine et de patience alors que 900 hectares ont été détruits entre 2006 et 2014. De notre envoyée spéciale à Diego Suarez,Des baobabs de quelques dizaines de centimètres s’alignent sur les plates-bandes de la pépinière de Mananjarasoa, située en plein cœur de la forêt. « Ceux que vous voyez là ont presque un an. Il ne faut pas les arroser beaucoup parce que leurs troncs sont déjà gorgés d’eau », indique Mananjarasoa.Sur les rocailles calcaires de la Montagne des Français ou Ambohitr'Antsingy, ces baobabs majestueux à l’écorce rougeâtre peinent à se régénérer naturellement. « Lorsque les fruits tombent, ils tombent sur les rocailles et donc c’est difficile d’avoir des graines qui poussent en terre », explique Marigneva Ninia Zafy, agent de terrain au sein du Service d’appui à la gestion de l’environnement. « La plupart des gens n’utilisent pas le tronc des gros baobabs, mais lorsqu’ils sont encore petits, ils utilisent l’écorce pour les fours à charbon. Le baobab fait partie des espèces caduques. Il perd ses feuilles pendant la saison sèche, donc certains le confondent avec d’autres arbres et le coupent », poursuit-elle.10 000 plants produits par anAncien charbonnier, habitant du hameau d’Ambodimanary, Mananjarasoa produit chaque année quelque 10 000 plants d’espèces d’arbres autochtones avec le soutien de la Fondation pour les aires protégées et la biodiversité de Madagascar.J’ai fait de la prison à cause de mes activités de charbonnier. Je fais ce travail de pépiniériste pour rattraper mes erreurs et pour les jeunes générations. Avant, à cette période, il n’y avait plus d’eau, mais à partir du moment où on a restauré, l’intérieur de la forêt a commencé à se régénérer comme vous voyez là. Il y a des habitants qui en ont pris conscience, comme moi et d’autres non.Une activité qu’il exerce depuis près de 8 ans avec son épouse, Zafitiana, qui possède, elle aussi, sa pépinière. « Ce qui me motive à faire ce travail, c’est de voir la montagne se régénérer, de voir les animaux revenir, les lémuriens, les oiseaux parce qu’il y a de l’eau à nouveau », observe-t-elle.Patrouilles et suivi de restaurationCe sont 125 hectares de forêt qui ont été restaurés par les habitants des alentours. Après chaque plantation, un suivi trimestriel est effectué. Les plantules qui n’ont pas survécu sont remplacées et la communauté est chargée d’effectuer les arrosages 5 jours sur 7 de juillet à décembre.Landry, lui aussi ancien charbonnier, fait partie des patrouilleurs. « Être charbonnier n’était pas notre volonté, mais on n’avait pas le choix pour vivre, puis la terre est devenue très sèche », explique Landry. « Je me suis rendu compte que c’était à cause du charbonnage. Maintenant, je gagne ma vie en patrouillant et je suis aussi guide. Si on trouve quelqu’un en train de couper les arbres, on l’arrête. On l’amène jusqu’au village et on appelle le gestionnaire. »Dans le respect du « dina »Une application du « dina », un ensemble de réglementations coutumières homologuées par le tribunal de première instance, explique Ny Anjatahiana Raharosoa, coordonnateur régional du Service d’appui à la gestion de l’environnement, gestionnaire de l’aire protégée de la Montagne des FrançaisLes patrouilles ici ne sont pas seulement limitées au constat et à l’alerte. Ils ont la bénédiction de la gestion de faire ce qu’on appelle une arrestation communautaire, tant qu’ils ne sont pas soumis à des pressions de danger de mort. S’ils sont en infériorité numérique ou si les acteurs illicites sont armés, ils peuvent juste sensibiliser ou faire un constat. Donc, quand il y a des infractions, ce sont ces « dina » qui régissent les peines et les régularisations à faire. Mais ça n’empêche pas la direction régionale de l’environnement à travers les officiers de la police judiciaire de prendre ses responsabilités. Tout passe par les communautés. Ce sont eux les premiers responsables et ce sont eux qui bénéficient des premiers avantages de l’aire protégée.Une aire protégée qui permet, notamment, de satisfaire les besoins en eau de plus de 1 000 habitants des environs.

2mins

25 Nov 2022

Rank #6

Podcast cover

Au Bénin, un centre d'accueil pour les femmes victimes de violences

Le Bénin a adopté récemment des lois renforçant la protection des femmes, mais selon la dernière étude qui date de 2009, 69% disent avoir subi au moins une fois des violences, physiques, psychologiques ou économiques, quand le mari ne donne rien pour la famille. Un centre propose une prise en charge spécifique avec un accueil et de la formation. Situé à 1h de route de Cotonou, il a été créé par une association franco-béninoise, « Ya Tchegbo », (« ma souffrance est terminée »). Fonctionnel depuis un an et demi, il a déjà accueilli 40 bénéficiaires.

2mins

24 Nov 2022

Rank #7

Podcast cover

Procès du 28-Septembre: «Toumba», un accusé devenu star en Guinée

C’est un procès unique en son genre qui s’est ouvert le 28 septembre dernier en Guinée. Pour la première fois dans l’histoire du pays, un ancien président et de hauts responsables de l’État sont jugés pour leur rôle présumé dans un massacre. Les caméras de télévision sont admises dans le tribunal et, en quelques semaines, les Guinéens se sont mis à vivre au rythme des audiences.  De notre correspondant à Conakry,Ce procès est multidiffusé. À la radiotélévision nationale, sur les chaînes privées, il est littéralement partout dans les médias en Guinée. Jusque dans des musiques à la gloire de l’accusé Aboubacar Sidiki Diakité, dit « Toumba ». Le 28 septembre 2009, lorsque les forces de sécurité ont réprimé dans le sang un meeting de l’opposition, qu'au moins 150 personnes ont été tuées et une centaine de femmes violées, il était l'aide de camp du chef de la junte, Moussa Dadis Camara.Au procès du massacre du stade de Conakry, il y a eu un avant et un après « Toumba ». « Quand le procès a démarré, personne n’était vraiment intéressé, rapporte Albert N’Téla, jeune homme de 28 ans. Mais lorsque "Toumba" est venu à la barre, il a réussi à attirer l’attention de tous. Car la quasi-totalité des gens pense que ce que dit "Toumba", c’est la vérité. »À la barre, « Toumba » déballe tout : celui qui a ordonné le massacre, c’est Moussa Dadis Camara, affirme-t-il. « Moi, je dirai la vérité à la satisfaction de la cour, à la satisfaction des victimes », promet Toumba. Devant le tribunal, il raconte en détail le coup d’État de Dadis. Une histoire que les Guinéens n’avaient jamais entendue.Le procès, « c'est comme une série »Dans ce coin télé en plein air où est assis Albert, il y a beaucoup de jeunes. D’habitude, ils viennent ici pour regarder les matches. « Actuellement, le procès a remplacé les matches », précise Albert N’Téla.« Toumba » est devenu une star. Dans cette chanson sont réunies ses répliques les plus célèbres. Des saillies prononcées devant le tribunal, qui font rire aux éclats les Guinéens. Des blagues en décalage avec la gravité de l’affaire. Jibril Kalissa, 23 ans, est assis devant la télé : « C’est comme une série pour moi parce que quand je ne regarde pas, je me renseigne sur ce qui s’est passé… pour être à jour. »Alors que chaque Guinéen pense savoir qui est coupable, deux camps irréconciliables s’opposent : les pro-Toumba et les supporters de Dadis. La justice va-t-elle résister aux pressions ? « Je vais respecter la décision finale, affirme Jibril Kalissa. C’est le rôle du juge, c’est sa fonction, sa profession et il est fait pour ça… »► À lire aussi : Procès du 28-Septembre 2009 en Guinée: Claude Pivi nie en bloc toute implication

2mins

23 Nov 2022

Rank #8

Podcast cover

Inondations au Nigeria: les autorités critiquées pour leur attentisme [3/3]

Au Nigeria, des inondations historiques ont fait au moins 600 morts et près de deux millions de déplacés à travers le pays. Le Nigeria avait aussi fait face par le passé à d'autres épisodes similaires, notamment en 2012. Beaucoup d'observateurs reprochent donc aux autorités de ne pas s'être préparées et d'être intervenues trop peu et trop tard. De notre correspondante à Lagos, Les populations du delta du Niger sont habituées aux crues saisonnières, qui nourrissent leurs terres et permettent aux poissons de se multiplier. Mais les inondations de cette année ont détruit leurs cultures et mis en péril les activités autour du fleuve.À Yenagoa, la capitale de l'État de Bayelsa, Alagoa Morris, de l'ONG Environmental Rights Action, estime que la mauvaise gouvernance a aggravé les effets du réchauffement climatique. « Cette inondation a été causée en bonne partie par l'ouverture du barrage de Lagdo, au Cameroun. Oui, le réchauffement climatique a joué un rôle, mais ce lâcher d'eau a aggravé la situation. Lorsque cette retenue a été construite au début des années 80, il y a eu un accord avec le Nigeria, qui devait ériger son propre barrage de l'autre côté de la frontière. Le barrage de Dasin Hausa devait réguler la montée des eaux en cas d'ouverture des vannes du côté camerounais. Sauf que ce projet a été abandonné juste avant que le chantier ne soit terminé ! »Le ministre nigérian des Ressources hydriques a démenti et expliqué que les fortes pluies étaient la cause principale des inondations. Jim Dorgu, le président de la Mac-Jim Foundation, reproche quand même au gouvernement de n'avoir tiré aucune leçon des inondations de 2012 qui avait fait près de 2 millions de déplacés au Nigeria. « C'était une situation très similaire, mais il n'y a aucune données disponibles ! Combien sont morts ? Combien ont été touchés ? Rien ! En 2012, il y a déjà eu des morts lorsque des pirogues ont fait naufrage. Pourtant, aucune mesure n'a été prise, aucune préparation, comme la distribution de gilets de sauvetage par exemple, dénonce-t-il. On aurait pu construire des bâtiments sur pilotis pour accueillir les déplacés. Au lieu de quoi on les met dans les écoles primaires. Mais qui nous dit que celles-ci ne seront pas aussi submergées la prochaine fois ? Il faut éduquer les gens avant que ça se reproduise ! »Alors que les Nations unies viennent de débloquer 10 millions et demi de dollars pour venir en aide aux sinistrés, Success Jimmy Ebi, une chercheuse qui travaille aussi pour la Mac-Jim Foundation, met en garde contre les détournements et la corruption. « C'est bien de débloquer des fonds pour les victimes, mais il faut qu'il y ait un suivi pour que celles-ci en bénéficient vraiment, estime-t-elle. Il y a toujours des gens qui essaient d'accumuler du matériel d'urgence, pour essayer de le revendre plus cher après la crise. »Des voix se sont élevées au sein même de l'Assemblée Nationale pour dénoncer le détournement systématique de l'argent alloué au fond écologique d'urgence, mis en place dès 1981 pour faire face aux événements climatiques extrêmes au Nigeria.► À écouter aussi : Inondations au Nigeria: les agriculteurs durement touchés [2/3]Inondations au Nigeria: les sinistrés restent livrés à eux-mêmes

2mins

22 Nov 2022

Rank #9

Podcast cover

Inondations au Nigeria: les agriculteurs durement touchés [2/3]

Au Nigeria, des inondations historiques ont fait au moins 600 morts et près de deux millions de déplacés à travers le pays. Les communautés établies le long du fleuve Niger et de ses affluents ont presque tout perdu et notamment leur moyen de subsistance, leurs cultures vivrières, ravagées par les eaux juste avant la récolte.  De notre correspondante à Lagos, Quelques sacs remplis de racines de manioc, c'est tout ce que les agricultrices ont pu sauver, autour de la rivière qui traverse la ville d'Otuoke. Les femmes se sont installées au bord de la route pour essayer de vendre cette maigre récolte. « Regardez-moi, je n'ai même plus de vêtements à me mettre sur le dos. Voyez mon matelas, nous dormons sur la route ! Nous avons tout perdu, toutes nos réserves nourriture. Nous nageons pour récolter notre manioc, on entre dans l'eau avec nos sacs, on le récolte sous l'eau puis on nage péniblement pour revenir ici ! », explique l’une d’entre elles.À quelques kilomètres de là, sur la ferme de Chief Inetimi Oru, les dégâts se chiffrent en milliers d'euros. Le vieil homme a perdu cinq hectares de plantains et deux hectares de manioc. Lui et sa femme ont passé plusieurs jours à essayer de sauver leurs 7 500 poules et poulets de la noyade, mais une mystérieuse maladie les a finalement emportés, en plein pic de l'inondation. « Mon voisin m'a informé qu'ils commençaient à perdre ses volailles. Et quand ça a commencé ici aussi, je me suis dit "Oh ! Les problèmes arrivent !" Les professionnels parlent d'une grippe aviaire, mais je n'y crois pas. J'ai l'impression que ce qui a pu tuer ces poulets, ce sont plutôt les moustiques. Et puis il était impossible de trouver de la nourriture pour eux dans la région, puisque les routes étaient complètement coupées, donc on faisait ce qu'on pouvait pour les nourrir. Ensuite, notre puits est complètement submergé par l'eau. Donc c'est très difficile d'avoir de l'eau qui ne soit pas toxique. Mais je n'avais pas le choix, c'est celle-là que j'ai donné à boire à mes poulets », raconte-t-il.Cette catastrophe a évidemment fait bondir les prix de la nourriture dans la région et pourrait mettre encore plus de Nigérians dans une situation d'insécurité alimentaire. Matthias Schmale, le coordinateur des affaires humanitaires au Nigeria, était en visite dans la région de Bayelsa : « Nous, les Nations unies, nous estimons qu'il y avait plus de 19 millions de personnes en situation d'insécurité alimentaire au Nigeria, avant même ces inondations. Je pense qu'il est trop tôt pour spéculer sur les chiffres qu'on aura après cette catastrophe qui a détruit de nombreuses fermes... Mais les cultures qui étaient sur le point d'être récoltés sont effectivement détruites, donc c'est sûr qu'il y aura des gens qui auront faim dans les deux prochains mois à cause de ça. »Les inondations ont détruit plus de 500 000 hectares de cultures à travers tout le Nigeria.► À lire aussi : Inondations au Nigeria: les sinistrés restent livrés à eux-mêmes

2mins

21 Nov 2022

Rank #10