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Nouvelles technologies

Comment et pourquoi le progrès et l'innovation technologique modifient-ils notre quotidien ? Dominique Desaunay met l’accent sur les initiatives locales, donne la parole à ceux qui imaginent notre avenir, et propose une immersion au cœur même de la civilisation «numérique» mondiale.

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Comment et pourquoi le progrès et l'innovation technologique modifient-ils notre quotidien ? Dominique Desaunay met l’accent sur les initiatives locales, donne la parole à ceux qui imaginent notre avenir, et propose une immersion au cœur même de la civilisation «numérique» mondiale.

Un coach numérique pour personnes en situation de handicap

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Une jeune pousse française a développé un ensemble d’applications informatiques au service de l’inclusion en entreprise des personnes en situation de handicap mental et cognitif.

En France, plus d’un million de personnes sont atteintes de troubles du spectre autistique ou de déficience intellectuelle. 80% des enfants concernés par ces troubles ne sont pas scolarisés et 90% des adultes, en raison de leur handicap, n’ont pas accès au marché de l’emploi. Cette exclusion les condamne, ainsi que de leurs proches, à l’isolement social et l’invisibilité.

C’est en partant de ce constat que la jeune pousse Auticiel a décidé en 2013 de développer un ensemble d’applications numériques sur mobiles et tablettes tactiles. Des dispositifs qui, à l’usage, ont démontré qu’ils favorisaient l’inclusion des personnes autistes en entreprise, nous précise Sarah Cherruault, présidente et fondatrice d’Auticiel.

« Nous déployons nos applications spécifiques sur des tablettes principalement, ces logiciels vont transformer cet appareil portable, en ce que nous nommons un outil de compensation du handicap », dit-elle. « Par exemple, pour une personne qui a des difficultés de locution, nous employons la synthèse vocale et des pictogrammes pour qu’elle puisse s’exprimer. Nos petits programmes délivrent aussi des tutoriels simplifiés pour lui faciliter le quotidien », ajoute Sarah Cherruault. 

Un principe qui s’applique également aux entreprises, démontre la fondatrice d’Auticiel.
Dans l’exercice d’une activité professionnelle, c’est le même principe qui est appliqué, les logiciels guident l’utilisateur de la tablette en lui donnant, par exemple, un planning détaillé de sa journée de travail. Une information très importante pour la majorité des publics que nous accompagnons qui sont incapables de lire l’heure et cette absence de reperd temporel leur génèrent beaucoup de stresses quand ils travaillent. Notre assistant numérique délivre aussi des ressources pédagogiques adaptées à leur besoin pour les guider dans l’utilisation de machines ou encore leur donne des conseils pour savoir comment ils peuvent interagir avec leurs collègues. Cet outil numérique qui s’ingère complètement dans le quotidien de la personne s’adapte entièrement à son profil afin de l’aider en toute circonstance à surmonter les difficultés qu’elle rencontre.  Être autonome plus rapidement
La société travaille en étroite synergie avec un comité scientifique composé de chercheurs en neurosciences, d’une équipe d’ingénieurs et des professionnels du milieu médical et éducatif. Ce processus de développement qui se nomme la co-innovation a permis de mettre au point le dernier dispositif d’Auticiel appelé Coach Abileo.

Le système composé d’une tablette et de logiciels adaptés selon les profils des utilisateurs a été expérimenté pendant 18 mois en condition réelle dans des entreprises. Ce compagnon numérique est connecté en permanence à un serveur informatique dédié qui facilite aussi l’accompagnement à distance des encadrants. La phase de test du projet, validée par une étude scientifique du CNRS, a démontré que les travailleurs handicapés développaient très rapidement et en toute autonomie, leurs compétences professionnelles.

Sep 10 2022

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L’intelligence artificielle fait sa rentrée scolaire

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Une jeune pousse française a développé des assistants pédagogiques et numériques pour lutter contre le décrochage scolaire. Les contenus de ces modules éducatifs sont gérés par des programmes d’intelligence artificielle. Ils sont destinés aux élèves et aux enseignants du primaire et du secondaire.

Mathématiques, maitrise du français ou d’une langue secondaire... les modules éducatifs créés par la jeune pousse française EvidenceB bénéficient des dernières avancées dans le domaine des sciences cognitives et des recherches en intelligence artificielle. Les interfaces numériques du système ajustent leurs contenus sous la forme d’exercices, en fonction des difficultés de chaque élève. Elles lui offrent ainsi un parcours personnalisé en continu lui permettant de progresser à son rythme.

Les modules suivent scrupuleusement les programmes scolaires du primaire jusqu’au lycée. Les enseignants sont au cœur de ces dispositifs numériques, qui les soulagent du travail fastidieux de la correction des copies et des évaluations des jeunes apprenants, pour se concentrer sur l’essentiel, c’est-à-dire la réussite scolaire de leurs élèves, nous précise Thierry de Vulpillières, cofondateur et président d’EvidenceB. 
L’intérêt d’employer des programmes d’intelligence artificielle est de pouvoir détecter des traces numériques que laissent les élèves quand ils effectuent un exercice. Comment ils comprennent l’énoncé d’un problème de maths, par exemple. À quel moment et pourquoi sont-ils bloqués ? Quelles connaissances leur manquent-ils pour résoudre tel ou tel exercice ? Ce type d’informations analysées par un logiciel permet d’ajuster au mieux les cours que les enseignants vont délivrer. Le programme d’intelligence artificielle que nous utilisons est issu des travaux de l’Inria, l’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique, qui a mis au point ces systèmes informatiques qui analysent la zone proximale de développement d’un individu. Ce concept, que nous devons au psychologue Lev Vygotsky, démontre qu’un élève progresse quand on lui propose un exercice légèrement plus difficile qu’habituellement, mais pas trop complexe, tout de même, afin de ne pas le décourager. Cette zone proximale, qui est parfaitement identifiée par nos algorithmes, permet d’ajuster automatiquement des exercices en fonction du niveau de chaque élève pour qu’ils améliorent leurs compétences mais à leur rythme.« Il n'est pas question que nos programmes se substituent aux professeurs »
Mais Thierry de Vulpillières se veut rassurant quant à la présence des professeurs. Pour lui, ils sont toujours nécessaires.
Il n’est pas question que nos programmes se substituent aux professeurs. Le système scolaire français, comme tous les autres dans le monde, repose sur les cours que délivrent les enseignants. Les ressources pédagogiques et numériques que développe EvidenceB ont été conçues pour être les compagnons ou les assistants des enseignants. L’objectif de nos modules d’exercices gérés par IA, c'est d’éclairer les professeurs des écoles sur la manière d’être plus efficaces avec leurs élèves, à la fois pour aider ceux qui décrochent et pousser encore plus loin, sur les chemins de la connaissance, ceux qui réussissent.
Après une phase de validation l’an dernier, ce dispositif d’enseignement adaptatif géré par IA a été déployé, à la demande du ministère de l’Éducation nationale et des collectivités locales, dans plusieurs académies françaises. Plus de 500 000 lycéens d’Île-de-France et la plupart des élèves de la région Sud Provence-Alpes-Côte d'Azur peuvent accéder gratuitement à un parcours d’apprentissage personnalisé pour améliorer leur maîtrise de la langue française. Le module intitulé Adaptiv’Math pour maitriser les fondamentaux de cette discipline a été adopté, du CP au CE2, par la majorité des établissements du primaire en France.

Vous avez des questions ou des suggestions, vous pouvez nous écrire à nouvelles.technologies@rfi.fr

Sep 03 2022

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Des robots virtuels dans les métavers industriels

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Les derniers développements des technologies de virtualisation 3D permettent de créer des environnements numériques ultra-réalistes. Mais les métavers de haute précision, que développe une jeune pousse française, sont aussi peuplés de « cobots », c’est-à-dire des robots collaboratifs, qui apprennent, dans des usines virtuelles, à travailler en bonne intelligence avec des humains.

Les « jumeaux numériques », que déploient les industriels, leur permettent depuis longtemps de répliquer à la perfection des objets, des machines, et même de simuler les comportements humains sous la forme d’avatars. Ces métavers hautement spécialisés sont infiniment plus précis et complexes que les univers virtuels et récréatifs proposés actuellement par les géants du web. Les entreprises les emploient pour reproduire en 3D des lieux de travail, comme des bureaux, ou étudier les effets environnementaux de l’implantation d’une future usine, par exemple.

Les métavers développés par la société française Skyreal intègrent aussi des cohortes de « cobots », dont le terme est la contraction des mots « coopération » et « robot ». L’objectif est de développer une collaboration intelligente entre les humains et les machines, nous précise Hugo Falgarone dirigeant et fondateur de Skyreal.

« Après la mise au point, notamment pour les besoins de l’industrie automobile, de robots entièrement autonomes, c’est-à-dire travaillant seuls et sans l’assistance d’un opérateur, les entreprises se sont tournées vers des robots plus "collaboratifs". Ces nouveaux types de machines se nomment des "cobots", le terme inventé en 1999 est l’abréviation en anglais de "Collaborative Robot" que l’on traduit en français par "robot collaboratif". Actuellement, nous n’avons pas d’autre possibilité que de tester ces robots interactifs dans un environnement virtuel, afin de vérifier leur programmation et que leur comportement ne représente aucun danger pour l’entourage humain. C’est la raison pour laquelle nous utilisons des métavers extrêmement précis pour simuler un an de travail dans une usine pour voir comment évolue cette collaboration entre les robots et les humains.

Cette "cobotique" virtuelle va permettre d’optimiser les processus d’interactions, comment ordonner au robot d’arrêter une tache, par exemple, ou bien de poursuivre son travail, ou encore d’être attentif à son entourage et de prendre en compte une modification de son environnement. Actuellement, nos métavers industriels sont expérimentés par Airbus Atlantique pour valider ce type de collaboration. Notamment, les opérateurs formuleront leurs instructions aux robots à l’aide de gestes ou par commandes vocales. Ce recours aux environnements virtuels, pour mettre au point des cobots, reste, pour l’instant, assez confidentiel dans le secteur industriel qui estime cependant que la cobotique permettra bientôt de replacer, mais sans le remplacer, l’humain, au centre des processus de production. »

Avec ou sans « cobots », les métavers professionnels annoncent certainement une prochaine révolution industrielle. Mais au-delà des opportunités économiques qu’offrent les technologies immersives déployées en entreprise, elles devront être à la fois éthiques, durables et au service du bienêtre au travail, préviennent les décideurs politiques européens. L’UE, comme c’est le cas des développements de l’intelligence artificielle en entreprise, a bien l’intention d’encadrer les nouveaux usages de la réalité virtuelle en milieu professionnel.

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Aug 27 2022

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Des enceintes subaquatiques aux sons parfaits

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Partant du constat que les sonorisations des piscines étaient de très mauvaise qualité, une jeune pousse française a créé des enceintes subaquatiques délivrant sous l’eau des sons parfaits. Cette innovation est issue des recherches de l’Ifremer, l'Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer.

À la demande de l’Ifremer, des experts acousticiens français ont développé un dispositif audio pour aider les conchyliculteurs, spécialisés dans l'élevage de coquillages, à repousser, à l’aide d’ondes sonores, les bancs de daurades qui ravageaient leurs exploitations. Ce système de haut-parleur immergé est aussi capable de diffuser toutes les fréquences audio d’une musique sous l’eau. Ces enceintes subaquatiques permettront ainsi de retransmettre en hautefidélité des concerts dans les piscines, précise Yoann Flavignard, docteur en acoustique, l’un des concepteurs de l’appareil, mis au point par la jeune pousse Ocean’sArise. 

« Quand il est diffusé sous l’eau, le son à des particularités de propagation, un peu différentes que dans l’air. Notamment, les ondes sonores sous l’eau se propagent beaucoup plus vite, explique-t-il. Cette spécificité a comme conséquence de nous faire perdre nos repères et nous rend incapable, par exemple, d’être en mesure de géolocaliser les sources sonores. Lorsque nous écoutons sous l’eau, nous avons ainsi l’impression que le son provient directement de l’intérieur de notre tête. Avec notre enceinte subaquatique qui a mis à profit ce phénomène, il devient inutile de générer des niveaux sonores excessifs pour commencer à ressentir toutes les basses fréquences et même les moyennes fréquences directement dans son corps. Par ailleurs, nos prototypes et nos futurs produits de séries respectent les très basses tensions de sécurité, comme n’importe quel appareil électrique immergé dans une piscine. Nous sommes parvenus, grâce à une technologie très haut rendement, à des niveaux sonores de type concert, avec seulement 12 volts à l’intérieur de cette enceinte. »
Un concert sous l'eau
Pour faire la démonstration des performances de ses haut-parleurs subaquatiques, Ocean'sArise organise courant novembre un concert à la piscine de Couloisy, dans l’Oise. Le compositeur Olivier Florio performera pour l'occasion une création originale, inspirée de son dernier album Waterline.

« J’ai longtemps travaillé avec le père fondateur de la musique subaquatique, Michel Redolfi, avec qui j’ai performé pas mal de concerts, raconte l'auteur-compositeur de musiques de films contemporaines et d’art contemporain. Il faut comprendre que les hauts parleurs, jusqu’à présent transmettant les sons sous l’eau, étaient un peu limités, notamment pour la diffusion des basses fréquences. Mais cette nouvelle génération d’enceintes subaquatiques qui permettent de générer des basses nous ouvrent un nouveau champ esthétique et de créations nouvelles. Récemment, j’ai réalisé un album qui se nomme Waterline, évoquant cette ligne de séparation entre l’air et l’eau des océans. La proposition de faire un concert de musique sous l’eau sera un peu la transposition de la version aérienne de Waterline, à sa version 100 % subaquatique. »

Ce concert, à apprécier de préférence la tête sous l’eau, est assorti d’un ballet nautique. Mais bien d’autres applications sont pressenties pour ces enceintes immergées. Des répulsifs audio pour les prédateurs marins, des enceintes aquatiques de bien-être qui diffuseront des sons ultra-graves apaisants. Et de nouveaux types de sonars qui emploieront les très basses fréquences, afin de ne pas perturber la faune sous-marine.

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Aug 20 2022

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Feux de forêts : les scientifiques se mobilisent

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De nombreux dispositifs high-tech font l'objet de recherches intensives en France pour permettre aux soldats du feu de combattre plus efficacement les incendies de forêt. Alors que l’évolution du climat favorise les embrasements, le Groupement de Recherche « Feux » composé de scientifiques français, s’emploie aussi à mieux comprendre et prédire le comportement en temps réel des méga feux de forêts.

Conséquence d’un réchauffement climatique qui s’emballe avec des épisodes de sècheresse de plus en plus fréquents et intenses, des milliers d’hectares de forêts partent, chaque année, en fumée. Les écosystèmes sont ravagés, les paysages anéantis et nos habitations sont parfois la proie des flammes. Afin de mieux comprendre comment se propagent et évoluent les feux de forêts, de nombreux scientifiques français et européens ont rejoint le Groupement de Recherche « Feux ». L’objectif des chercheurs est de développer des programmes d’intelligence artificielle permettant aux soldats du feu de prédire en direct et in situ l’évolution des méga incendies. Mais les scientifiques se mobilisent aussi pour mettre au point de nouvelles technologies qui protégeront d’une fournaise infernale, les combattants du feu, précise Anthony Collin, enseignant-chercheur à l’Université de Lorraine.

« La propagation d’un feu de forêt est très difficile à modéliser. C’est un processus que nous, scientifiques, qualifions de stochastique, c’est-à-dire qui intègre beaucoup de données aléatoires. Par exemple, en ce qui concerne la nature de la végétation qui brûle et qui varie selon son implantation géographique. Nous avons aussi une méconnaissance des différentes espèces présentes qui vont être impactées par le feu. Nous sommes également confrontés à de nombreuses inconnues concernant la quantité de matière sur les lieux des sinistres que nos modèles informatiques doivent traiter. Par ailleurs, cet aléatoire touche le domaine de la météorologie, nécessitant des relevés d’informations de l’ordre de la dizaine de mètres sur le terrain.

C’est la raison pour laquelle, le Groupement de Recherche « Feux » réunit différentes disciplines scientifiques, comme des météorologues, mais aussi des écologues qui auront des informations du niveau du stress hydrique de la végétation sur le terrain. Le groupe de recherche comprend des physiciens, des chimistes, mais aussi des mathématiciens, car l’ensemble des données doivent être traitées de façon statistique pour être pertinentes. Tous les domaines de la science sont donc mis à contribution pour permettre de définir une stratégie de lutte efficace contre les incendies et établir des modèles informatiques fiables sur le comportement et l’évolution d’un feu de forêt. Nous sommes aussi plusieurs universitaires à mener des recherches sur la protection des soldats du feu qui effectuent leur intervention dans des conditions extrêmes. Par exemple, des casques qui seraient capables de bloquer le rayonnement thermique, mais aussi de nouvelles tenues qui résistent aux flammes et aux températures élevées. Les autres axes de recherche concernent le matériel des pompiers comme celui des lances à incendie pour optimiser au mieux la quantité d’eau, mais également la taille des gouttelettes qui seraient les plus efficaces à projeter, afin de circonscrire plus rapidement un feu de forêt. »

Rappelons qu’un incendie sur deux est dû à une négligence humaine. Les travaux agricoles et domestiques mal maitrisés, les mégots jetés le long des routes et les barbecues qui s’emballent, constituent les principales causes des départs de feux. Sans oublier, les actes criminels de pyromanes qui ont sciemment déclenché un incendie. Depuis les années 1960, plus de 160 sapeurs-pompiers, pilotes de bombardiers d'eau, gendarmes et bénévoles sont morts en France, alors qu’ils tentaient de sauver des flammes et au péril de leur vie, nos forêts.

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Aug 13 2022

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CO2, les micro-algues à la rescousse

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Avec l’objectif de réduire nos émissions de gaz à effet de serre, une entreprise française développe un dispositif de capture de CO2 pour les sites industriels. Le procédé s’effectue à l’aide de micro-algues qui, par photosynthèse, se nourrissent des fumées d’usines. Les micro-algues seront ensuite transformées en matière première destinée aux marchés de l’agroalimentaire.

Le dioxyde de carbone que rejettent en masse les industries et les véhicules roulant aux énergies fossiles, risquent de nous tuer littéralement à petit feu, alertent depuis des décennies les scientifiques qui analysent les dérèglements du climat.

Avec l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre, la jeune pousse CarbonWorks, créée en 2021 à l’initiative de la société Fermentalg et du groupe Suez, s’est spécialisée dans la capture et la valorisation du CO2 en cultivant des microalgues. L’entreprise a développé un nouveau standard de photo bioréacteur industriel capable de capter plusieurs milliers de tonnes de CO2 directement à la source des fumées d’usines, nous précise Guillaume Charpy, président de CarbonWorks :

« Les micro-algues sont directement alimentées par le CO2 que rejettent les industries, et sous l’action du phénomène de photosynthèse, ces micro-organismes vont décomposer le CO2 en deux parties, le carbone qu’elles assimilent et l’oxygène qu’elles relâchent dans l’atmosphère. Elles se multiplient très rapidement pour former une biomasse.

Techniquement, nous collectons le CO2 à l’aide d’un tuyau placé en amont des fumées d’usines chargées de dioxyde de carbone que nous purifions au maximum. L’étape suivante consiste à extraire de la biomasse que forme les micro-algues qui sont arrivées à maturité, des molécules d’intérêt pour les industriels, ajoute Guillaume Charpy. Par exemple, nous produisons des fongicides à partir des toxines qui sont sécrétées par certaines variétés de micro-algues, des lipides et des Oméga 3, des colorants alimentaires ou encore des ingrédients à forte valeur ajoutée pour l’alimentation des animaux. La production d’une tonne de biomasse valorise ainsi 2 tonnes de CO2. Notre objectif avec nos photo bioréacteurs industriels est de recycler 10 000 tonnes de CO2 par hectare et par ans. »

CarbonWorks a déjà levé 11 millions d’euros pour construire et mettre en service dès 2023 un photo bioréacteur de taille semi-industrielle. Ce projet fait suite à la première installation d’un réacteur de démonstration qui était installé sur un site de méthanisation à Cestas, en Gironde. Ce photo bioréacteur permettra d’extraire des micro-algues des composants pouvant être utilisés comme fongicide naturel en substitution des pesticides de synthèse, notamment pour les vignobles. 

L’objectif de cette nouvelle unité est également d’encourager les industriels de passer à une économie circulaire du CO2, plus respectueuse de notre environnement en souffrance, mais qui génère aussi des profits.

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Jul 30 2022

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Konexio, des formations au numérique pour les personnes réfugiées

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Pour développer leurs systèmes informatiques, les entreprises du monde entier font largement appel à des travailleurs indépendants. Mais ces « freelances du numérique » peinent à satisfaire les demandes de ces sociétés. C’est la raison pour laquelle une association française a décidé de valoriser le potentiel des publics sans emploi, mais aussi celui de personnes réfugiées dans plusieurs pays du monde, à travers ses programmes de formation aux métiers du numérique.

Les modules de formation aux métiers et à l’utilisation du numérique délivrés par l’association Konexio ont comme objectif de favoriser une insertion socio-professionnelle durable auprès de publics qui se retrouvent éloignés de l’emploi et de combattre une exclusion numérique qui ne cesse de croître dans le monde, selon le dernier rapport de l’Organisation des Nation unies.

L’association dispense ses programmes de formation à l’international auprès des personnes réfugiées ou déplacées. Cette initiative est soutenue par de nombreuses ONG, des partenaires privés et par le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés. Les formations se déroulent toujours au plus près des populations vulnérables dans les pays.

Les premières sessions ont débuté en 2019 au Malawi dans le camp de Dzaleka et ont été reconduites en 2022 pour donner naissance à la 3e promotion d’apprenants. D’autres modules sont en cours de déploiement au Kenya afin de former spécifiquement 240 femmes réfugiées. En juillet, c’est en Jordanie à l’attention de réfugiés,mais aussi des personnes exclues du marché du travail, nous précise Jean Guo, fondatrice de Konexio.

« Afin d’adapter au mieux ces parcours de formation, nous commençons toujours par un diagnostic des compétences de base de nos apprenants et par comprendre quels seraient les emplois qu’ils aimeraient occuper. Ce qui nous permet ensuite de les aider pendant tout le processus de formation. Nos enseignements peuvent concerner les domaines techniques des métiers du numérique, du traitement des données, jusqu’au codage informatique des systèmes d’information ou être capable de créer de nouvelles applications pour les services en ligne des entreprises. Nos étudiants peuvent aussi se former aux outils bureautiques pour trouver un emploi ou plus simplement apprendre à rédiger des courriels.

Concrètement, le rôle de Konexio est de fournir tous les outils pédagogiques et les matériels dont nos partenaires locaux ont besoin pour organiser dans les pays ces formations. Notre objectif est d’aider nos apprenants à acquérir une autonomie financière. Cette inclusion sociale à l’aide du numérique profitera aussi à leurs proches ou à leurs familles. Nous citons souvent l’exemple de Stan, réfugié dans un camp au Malawi, qui est devenu récemment lui-même un formateur. Les compétences en informatique qu’il a obtenu lui ont fourni de premières opportunités économiques, il s’est marié et a acheté son logement… Et c’est exactement l’objectif que nous poursuivons avec ces formations : offrir une perspective d’avenir à tous les exclus du numérique dans le monde. »

Konexio milite aussi pour la reconnaissance d’un droit universel à la formation numérique. L’association constate, par ailleurs, que la plupart des lois locales sur le travail dans les pays dans lesquels elle mène ses actions ne sont pas toujours favorables aux réfugiés ou aux migrants. Elle rappelle également que ses programmes de formation s’adressent sans distinction à toutes les personnes marginalisées et quel que soit leur pays d’origine. Afin d’intensifier ses actions, Konexio a l’intention de s’implanter d’ici à 5 ans dans 10 pays et 40 villes subissant de plein fouet ce fléau mondial de l’exclusion numérique.

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Jul 23 2022

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Les réflecteurs intelligents de la 5G

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Une jeune pousse française a développé une technologie de réflecteurs intelligents capable de contrôler à volonté les ondes électromagnétiques. Le dispositif permet de réorienter les ondes du Wi-Fi, des satellites, des radars, ou encore celles de la 5G, sans avoir besoin de multiplier les antennes relais, particulièrement énergivores et onéreuses.  

Les environnements intérieurs et urbains sont de plus en plus surchargés par les ondes des téléphones, des box internet, du Wi-Fi ou encore celles émises par les antennes 5G. Une saturation qui rend souvent bien difficile la connexion de son mobile ou de son ordinateur. Le phénomène est dû aux ondes qui, piégées entre les murs, rebondissent dans toutes les directions. Le mobilier perturbe aussi la bonne réception du signal radio. Mais la jeune pousse française Greenerwave créée en 2016 a résolu ce problème en développant des surfaces en forme de petites dalles dont la structure se reconfigure en temps réel afin de réorienter automatiquement les ondes de la 5G vers votre récepteur.

Ces dispositifs de petites dimensions suppriment ainsi les zones de déconnexion, nous précise Geoffroy Lerosey cofondateur de Greenerwave : « Dès lors qu’il existe des obstacles dans votre environnement, comme du mobilier ou des machines, on se retrouve avec des problèmes de connexion, car votre appareil n’a plus de communication directe entre la source du signal et le récepteur. Pour s’affranchir de ce type de problème, on multiplie actuellement les stations qui émettent les ondes. Mais cette approche fait augmenter les coûts d’infrastructures de façon drastique et elle n’est pas bonne pour l’environnement puisque ces stations de bases consomment énormément d’énergie. Notre innovation est basée sur des matériaux intelligents qui permettent de contrôler les réflexions des ondes. Ces micro-miroirs sont constitués de petites cellules qui changent de forme à l’aide d’une petite électronique permettant de réorienter les faisceaux d’ondes radio. Cette technologie convient pour recevoir en milieu complexe la 5G, mais aussi pour se connecter avec des satellites. Ces nouvelles antennes à bas coût consomment cinq à six fois moins d’électricité que les systèmes actuels tout en apportant une réception des ondes optimale et très peu énergivore. »

Concrètement, la surface des réflecteurs intelligents de Greenerwave est tapissée de cristaux liquides qui se déforment à volonté. Appelés Pixel par ses concepteurs, ces micro-miroirs changent leur configuration sous l’effet d’une faible tension électrique. Elle est gérée par un logiciel embarqué dans les circuits électroniques afin de réorienter les ondes radio directement vers l’appareil que vous voulez connecter. Antenne plate ultrasensible pour les signaux satellitaires, code-barres connectés pour facturer immédiatement les achats dans les caddys, pilotage des robots d’usines ou encore réception des ondes radars des véhicules autonomes, ce type de dispositif est adapté au milieu industriel, aux espaces de bureaux et à tous les environnements qui seraient saturés par les ondes millimétriques de la 5G.

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Jul 16 2022

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Dryad, l'esprit technologique qui protège les forêts des incendies

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Son nom est inspiré des esprits forestiers de la mythologie grecque : Dryad. C'est un appareil révolutionnaire, véritable alarme contre les feux de forêts. Exposé à Vivatech, le salon des nouvelles technologies, cet objet connecté promet de créer une forêt 2.0 qui alerterait les pompiers du départ d'un incendie.

Dryad est discret dans l'immense salon de VivaTech. C'est un petit boîtier vert qui tient dans la paume de la main, en forme de feuille stylisée et barrée d'un capteur solaire pour l'alimentation électrique.

Comme beaucoup d'idées de génie, le concept révolutionnaire est simplissime. Carsten Brinkschulte tient avec fierté le petit appareil connecté qu'il a codéveloppé : « Les capteurs peuvent détecter un incendie en moins de 60 minutes à partir du départ de feu. Lorsque le feu est encore très petit, nous envoyons les coordonnées GPS du capteur qui a détecté l'incendie. »

Le petit objet connecté est équipé d'une puce GPS, qui indique la présence d'un incendie dès les premières flammes. Tout cela en moins de 60 minutes, c'est un gain de temps inestimable.

Une caméra classique repère un incendie entre une et trois heures, un satellite après un, voire plusieurs jours. « Si vous demandez à un pompier quelle est la chose la plus importante dans la lutte contre le feu, il vous répondra que c'est le temps. Plus tôt il sait où se trouve le feu, plus vite il peut s'y rendre, plus il est facile de l'éteindre. Donc le temps est vraiment essentiel », explique Carsten Brinkschulte.

Dryad protège cinq hectares de forêt avec un seul appareil. Dès les premières traces de carbone dans l'air, ce dernier va envoyer l'information rapidement via à un réseau d'ondes radio: « Une partie de notre solution est une infrastructure de réseau sans fil pour les capteurs. Elle peut également être utilisée pour de nombreuses autres applications, d'autres capteurs, notamment l'humidité du sol, la croissance des arbres et la surveillance de la santé et de la croissance de la forêt. Nous sommes donc en train de numériser la forêt. »
Des forêts connectées
Numériser la forêt, une idée reprise par plusieurs pays qui ont investi dans Dryad. Ce n'est qu'un début, espère le cofondateur : « Nous avons commencé à vendre Dryad en février de cette année. Et nous avons actuellement dix clients en Europe du Sud, en particulier en Grèce et en Espagne, ainsi qu'en Turquie. Nous commençons à vendre aux États-Unis, en Corée du Sud et en Indonésie. Nous n'avons pas encore de client en France, mais nous espérons en avoir bientôt ! »

Parmi les trop nombreuses technologies inutiles de VivaTech, le salon parisien de l'innovation, cette invention jure, et c'est voulu : l'impact positif est au cœur de la philosophie d'entreprise de Carsten Brinkschulte. « Notre mission principale est d'avoir un impact sur l'environnement et nous ne développons des produits et des projets que lorsque les deux objectifs sont atteints, lorsque nous pouvons faire des bénéfices, mais aussi lorsque nous avons un impact sur l'environnement, une contribution positive à la société et à la nature. Il peut être très rentable d'aider la nature et c'est ce que fait Dryad », vante-t-il.

Le petit appareil est vendu 38 dollars pièce, un coût largement inférieur à celui d'un incendie : en Californie, des centaines de millions de dollars sont dépensés chaque année pour éteindre les feux dévastateurs de la région. 

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Jul 02 2022

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Transformer l'air en eau, l'invention futuriste d'ingénieurs tunisiens

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Alors que le réchauffement climatique raréfie les ressources en eau potable, des ingénieurs tunisiens ont présenté à Vivatech, le salon de l'innovation technologique français, une machine capable de transformer l'air sec en eau.

En entrant dans le salon Vivatech, le 17 juin 2022, porte de Versailles à Paris, les visiteurs tombent tout de suite sur un drôle d'objet évoquant un robot soigneur sorti tout droit de Star Wars ou de Wall-E, le célèbre film Pixar.

Une forme d'œuf, toute blanche, avec un robinet et un petit écran tactile. Sur le dessus, une sorte de petite cheminée, qui laissait entendre un léger ronflement. Tout sourire, Iheb Triki, l'un des deux fondateurs de la société Kumulus attend à côté de sa création. C'est un générateur de rosée : un objet capable de transformer l'air sec en eau.
Successions de filtres
Le fonctionnement est simple. C'est une succession de filtres, précise Iheb. « L'air est filtré contre les particules en premier lieu. Après, cet air-là rentre dans la chambre froide. C'est là que le phénomène de la rosée a lieu. L'air continue ensuite son chemin. L’eau qui a été créée via le phénomène de rosée passe par un filtre contre les particules et deuxième filtre contre les bactéries avant d'être minéralisée puis stockée. »

L'appareil électrique est fabriqué en grande partie avec des matériaux facilement recyclables : de l'inox et de l'aluminium. Le réservoir, lui, se remplit en continu.À Dubaï, la machine produirait de 40 à 50 litres en moyenne par jour. Au fond du désert tunisien, dix litres.

Une unité de cette innovation permet donc de fournir de l'eau, selon l'endroit à 10 voire 30 personnes environ. Autant d'individus qui consommeront donc beaucoup moins de plastique, qui auront leur propre source d'eau même en plein milieu du désert, tout en évitant le transport de bouteilles en plastiques.
Un système d'abonnement
Le prix n'est cependant pas communiqué, parce que la machine ne s'achète pas, elle se loue. Iheb précise : « On n'est pas dans la vente de la machine, on est dans la vente de l'eau. Et donc, du coup, quand on vous donne la machine, vous nous payez pour le service qu'il y a derrière, changement de filtre, maintenance, veille, via notre web App, mais surtout les tests qu'on fait de manière quotidienne et mensuelle aussi pour la qualité de l'eau. » D'après la société, le prix au litre est 10 à 20 % moins cher que l'eau minérale en bouteille.

Cette invention n'est donc pas tant à destination des individus mais pour des groupes.  Kumulus vise des ONG, des sociétés, des collectivités locales, et même le BTP… avec parfois des résultats étonnants. « On l'a testée à côté d'une usine chimique de produits chimiques. La pollution n'est pas visible, mais elle est dans l'air. L'eau était bonne. La raison est simple : il y a assez de filtres mais en plus le phénomène de condensation fait que certaines particules, notamment les métaux lourds, sont naturellement filtrés », affirme Iheb Triki.

Avec cette machine au design inspiré des jarres antiques, Kumulus espère, malgré son système d'abonnement, attirer des clients du continent africain et du Moyen-Orient.

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Jun 25 2022

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Une pompe à chaleur pour lutter contre le réchauffement climatique

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La transition énergétique fait partie des préoccupations de certaines jeunes entreprises présentes au salon des nouvelles technologies VivaTech. C'est le cas de Airthium : ces ingénieurs développent une technologie pour soutenir la production d'électricité renouvelable et la restituer dans l'heure… des mois après.

Dans le salon VivaTech consacré à l'innovation et aux start-ups à Paris, l'écologie tente de prendre un peu de place. Or, l'un des principaux enjeux pour la transition énergétique est d'arriver à compenser les baisses de production des panneaux solaires et des éoliennes.

C'est ce que rappelle Guillaume Maurin, ingénieur chez Airthium, une entreprise qui développe une pompe à chaleur révolutionnaire : « L'un des premiers objectifs, c'est de permettre d'avoir de l'électricité 100% renouvelable disponible toute l'année. Sauf que l'on sait que par exemple, le solaire et l'éolien, il y en a plus l'été moins l'hiver ou que le solaire, il y en a la journée, mais il n'y en a pas la nuit. »
Une machine multi-fonction
D'où l'intérêt de la machine d'Airthium. Elle est capable de restituer l'électricité en quelques heures, comme sur plusieurs mois. Pour le court terme, par exemple pour le soir même, la machine stocke directement l'électricité sous forme de chaleur.

Entouré de deux de ses collègues, Guillaume Maurin poursuit : « Le surplus de production que j'ai via mon champ de panneaux solaires entre 12 h et 16 h, alors que mon pic de la consommation électrique, lui, va être à partir de 18 h jusqu'à 23 h, on va dire, je le fais passer dans ma machine, qui fait de la chaleur et que je stocke dans un énorme thermos. Et le soir, la chaleur que j'ai stockée dans cet énorme thermos je la restitue dans ma machine, je fais du mouvement et à nouveau de l'électricité. »

Mais le vrai souci, c'est l'hiver. Pour compenser la baisse d'énergie hivernale, le surplus d'électricité de l'été doit être stocké pendant des mois, c'est ce qu'on appelle le stockage d'énergie saisonnier. « Pour la solution été hiver, il faut avoir un stockage de longue durée. C'est pour ça qu'on passerait par de l'ammoniaque liquide, une forme de stockage chimique parce que c'est assez facile à faire et on peut le conserver longtemps », explique le jeune ingénieur.

Ensuite, il faut être capable de restituer l'énergie stockée : c'est ce que fait le prototype de pompe développé par Airthium, en brûlant de l'ammoniaque liquide. « Le surplus d'énergie qu'on a à un moment, on l'utilise pour produire ce carburant de synthèse. Et puis plus tard, on peut le brûler : c'est ça l'avantage. Et par rapport à du carburant type hydrocarbures, l'avantage, c'est que quand on brûle, on ne produit pas de CO2, pas de gaz à effet de serre », s'enflamme Guillaume Maurin.

Enfin ça, c'est en théorie : il reste encore des limitations techniques à résoudre. Par exemple, le stockage avec de l'ammoniaque liquide. S'il est mal brûlé, ce dernier dégage des particules fines polluantes.

Airthium emploie donc un doctorant qui travaille actuellement à l'université de Louvain pour développer une technologie de brûleurs, sans flamme, qui permettra de mélanger correctement le carburant, de jouer avec la température de manière, pour faire en sorte qu'aucune molécule NOx ne soit produite.
Décarboner l'industrie qui chauffe
Une autre application prévue pour cette pompe, c'est de décarboner une partie de l'industrie : celles qui chauffent beaucoup, comme la métallurgie. La machine d'Airthium monte à des températures élevées, jusqu'à 500 degrés, c'est deux fois plus que les pompes à chaleur actuelles.

Il serait ainsi possible de faire du traitement thermique dans l'industrie, simplement en utilisant de l'énergie électrique renouvelable. Guillaume Maurin montre du doigt le plafond du hall des expositions. « Vous voyez, toutes les poutres qui sont là-haut sont en acier galvanisé. Pour faire cela, le zinc doit être chauffé à 450°C. C'est pile la température où notre machine est dans sa zone de confort », explique le scientifique.

Malgré les défis à relever, les ingénieurs de l'entreprise sont confiants : leur pompe à chaleur devrait être commercialisée d'ici à trois ans pour les industriels et le stockage longue durée sera prêt dans cinq ans.

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Jun 18 2022

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Quand le numérique dérègle le climat

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La parution du dernier rapport du Giec sur le climat indique clairement que le numérique est en passe de devenir l’un des secteurs industriels figurant parmi les plus polluants. Et selon une étude du MIT, entraîner un programme d’intelligence artificielle émettrait ainsi autant de CO2 que l'utilisation continue de cinq voitures pendant toute leur durée de vie.

(Rediffusion du 20 mars 2022)

Notre boulimie de données et de Web mal maîtrisé participe de plus en plus aux émissions carbone dans le monde. En cause, les objets que nous utilisons au quotidien, comme les ordinateurs et les smartphones, mais aussi les télés connectées. Même constat du côté de l’informatique dématérialisée, dite en nuage, déployée ces dernières années dans les fermes de serveurs, qui ont largement densifié le trafic des données sur les réseaux. Mais un nouveau sujet préoccupe les climatologues : celui de l’adoption massive par les grandes entreprises des programmes d’intelligence artificielle employés pour traiter le flux constant de milliards d’informations qui transitent par l’Internet. L’électricité nécessaire à cette puissance de calcul est produite en grande majorité par des centrales brûlant des énergies fossiles. Préserver les avantages qu’apportent les technologies tout en limitant leurs impacts environnementaux est possible, nous précise Mehdi Chouiten, cofondateur de Datategy, une plateforme en ligne qui s’est spécialisée dans la gestion « écologique » de ces programmes IA.

« L’idée n’est pas de supprimer aujourd’hui toutes nos activités numériques évidemment, et personne ne milite actuellement dans ce sens. En revanche, nous devons prendre conscience du problème et sensibiliser à la fois les utilisateurs finaux des technologies, mais aussi les ingénieurs qui ont conçu les plateformes web, les centres de données et les systèmes utilisant des programmes d’intelligence artificielle. La consommation d’énergie de la mise en service et de l’entraînement d’un seul algorithme spécialisé, par exemple, dans le traitement du langage naturel sur un serveur informatique (comme ceux qui pilotent à distance nos enceintes connectées, ndlr) génère en permanence autant d’émissions carbone que cinq voitures roulant toute leur vie. Mais petite subtilité, quand on allume le moteur de son véhicule, nous pouvons constater directement ces émissions polluantes qui sortent du pot d’échappement, alors que quand vous cliquez sur le bouton dans une page web, c’est totalement invisible et génèrera en définitive plus d’émissions de CO2 que bien d’autres usages de la vie courante, que nous considérons pourtant comme particulièrement polluants. Chez Datategy, nous avons mis en place une plateforme en ligne de gestion des IA pour les entreprises qui permet de réaliser des arbitrages, entre le stockage, le temps de calcul et l’accessibilité des données afin de rationaliser le déploiement de ces programmes d’intelligence artificielle. Notre objectif est que les entreprises utilisent ces technologies de façon raisonnée, en pleine conscience de leur impact environnemental et avec des logiciels écoconçus. »

Cette culture de la sobriété numérique, qui se met doucement en place dans les entreprises, se situe aux antipodes de l’usage personnel en constante augmentation que nous faisons de nos appareils électroniques. Alors que le numérique représente aujourd’hui 4% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde, certaines études indiquent que ce chiffre risque de doubler d’ici à 2025 si nous ne maîtrisons pas, dès maintenant, notre consommation effrénée de données.

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Jun 04 2022

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Le premier océan numérique du monde

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La société française Mercator Ocean International à Toulouse a été choisie par l’Europe pour créer le premier océan numérique du monde. L’objectif de ce jumeau océanique est de réaliser des simulations afin de mieux comprendre les conséquences des activités humaines dans les milieux marins. (Rediffusion du 27/02/2022)

Avec les derniers développements des technologies de virtualisation 3D, il devient possible de créer, sur des superordinateurs, un monde parallèle au notre, qui serait aussi fidèle que l’original. Ces doubles numériques permettent d’étudier l’évolution des désordres environnementaux qui s’amplifient sous la pression des activités humaines. Et les données issues des observations océaniques, satellitaires ou par des capteurs en mer, que recueille et analyse la société Mercator Ocean International, offrent désormais la possibilité de créer le premier océan numérique du monde.
Le besoin d'accéder aux informations numériques sur l'océan
L’objectif de cette simulation informatique du réel est d’anticiper les conséquences du réchauffement climatique sur les milieux marins et de comprendre le rôle prépondérant de l’océan dans la régulation du climat, nous précise Pierre Bahurel, directeur général de Mercator Ocean International.

« Le fait de pouvoir accéder à une information numérique sur l’océan et de visualiser facilement les données concernant son état ou son environnement présente un intérêt qui dépasse aujourd’hui le seul cadre de la recherche scientifique », explique Pierre Bahurel. « Les citoyens ont aussi besoin d’accéder à ces informations, les décideurs politiques ou les industriels aussi. C’est l’objectif du jumeau numérique de l’océan que nous sommes en train de développer. Cette réplique informatique de l’environnement marin intègre plusieurs composantes, comme l’état de la température, le niveau d’oxygène, du CO2, la présence ou non de glaces, la dérive des icebergs, la quantité de polluants, celui des phosphates, l’état de la biodiversité ou encore la force des vagues et le niveau de la mer. »

« Ce double informatique des environnements marins intègre tous les paramètres qui sont nécessaires pour reproduire sur un superordinateur l’océan réel », ajoute-t-il. « C’est donc un super logiciel qui offre une simulation fidèle dans laquelle on peut naviguer dans toutes les dimensions et se déplacer librement dans un espace 3D, mais aussi dans le temps afin de réaliser des prévisions. Cela permet d’effectuer des expériences rigoureuses, comme de savoir ce qui se passe si on augmente, par exemple, le niveau de CO2 et de déterminer ainsi quel sera son impact sur l’acidité de l’eau. Autre exemple, si l’on introduit un polluant dans une rivière, ce modèle numérique offre la possibilité de savoir comment et à quelle vitesse cette pollution va se propager en fonction de sa position d’origine, à 10, 50, 100 ou encore 500 km, de la mer », détaille Pierre Bahurel.
Un outil d'aide à la prise de décision
Lors du récent One Summit Ocean, l’Espagne, l’Italie, la Norvège, le Portugal, le Royaume-Uni et la France se sont engagés à transformer la société Mercator Ocean International en une « organisation intergouvernementale en charge du premier océan numérique du monde ». Cette nouvelle structure est destinée aux chercheurs, aux industries de la mer, aux gouvernements mais aussi aux associations et à l’ensemble de la société civile.

Ce jumeau numérique océanique constituera ainsi un outil d’aide à la décision ouvert à tous et à tous les pays, pour trouver ensemble des solutions à la crise climatique mondiale.

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May 28 2022

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Clark, le défibrillateur connecté, automatique et portatif, de Lifeaz

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Les arrêts cardiaques sont responsables en France d’environ 50 000 morts par an, alerte l’Académie nationale de médecine. L’organisme met ainsi en évidence un manque flagrant de formation de la population française aux premiers secours. C’est la raison pour laquelle une jeune pousse française a développé le premier défibrillateur au monde entièrement connecté, totalement automatique et portatif.

Les arrêts cardiaques font 500 fois plus de victimes que les incendies domestiques et 15 fois plus que les accidents de la route en France. Pour tenter d’endiguer cette hécatombe silencieuse, la jeune pousse française Lifeaz a développé avec l'appui de cardiologues et des experts de l’industrie des dispositifs médicaux et du secourisme, un défibrillateur dénommé Clark.

Cette appellation est évidement une référence direct au nom d’emprunt que Superman utilise pour cacher sa véritable identité. Désormais, avec cet appareil connecté, automatique et portatif, le super héros c’est vous.
Une utilisation simple et automatisée
Il permet à n’importe quelle personne sans aucune formation, de prodiguer en urgence une défibrillation ventriculaire, nous précise Célia Rich, responsable pédagogique chez Lifeaz.

« Notre appareil est totalement transportable, il pèse 1,3 kilo ses dimensions de 21 par 21 sur 8 cm en font un objet à la fois design et compact. Clark, qui a été conçu à Paris et fabriqué à Honfleur en Normandie est un appareil connecté. L’intérêt de cette connectivité était d’assurer la maintenance à distance du défibrillateur. Son utilisation est simplissime et entièrement automatisée. Il suffit de le mettre en marche et alors une voix vous guide de “A à Z” », explique Célia Rich. « Il vous rappelle au préalable d’alerter, si ce n’est pas déjà fait, les services d’urgence, puis Clark vous indique pas à pas les procédures à exécuter. En premier, il s’agit de dégager les vêtements qui couvrent la poitrine de la victime, d’apposer précisément les électrodes sur son thorax. Une fois ces opérations réalisées, l’appareil vous demande de vous écarter légèrement du corps de la personne, afin de commencer une analyse », poursuit-elle.

Puis Célia Rich ajoute : « Quand cette investigation est accomplie et si les mesures indiquent qu’il convient de délivrer un choc, le défibrillateur y procède automatiquement. Quand la défibrillation est effectuée, Clark vous invite en complément à réaliser un massage cardiaque, toujours en vous guidant verbalement pour bien positionner vos mains. Cette procédure est à exécuter jusqu’au moment où l’appareil signale qu’il lance une nouvelle analyse de l’état cardiaque de la victime. Le défibrillateur effectuera ce cycle de contrôle toutes le 2 minutes, jusqu’à l’arrivée des secours. »
Le retard de la France en matière de prévention des risques cardiaques 
Par rapport à certains pays, la France semble accuser un retard flagrant en ce qui concerne la prévention des risques cardiaques et la formation de sa population aux premiers secours. Les chances de survie des personnes dont le cœur s’est arrêté de battre sont seulement de 5 % dans l’Hexagone, du fait de la nécessité d’intervenir en urgence dans les quatre premières minutes.

À titre de comparaison, avec plus de 80% de personnes formées et des défibrillateurs en état de marche déployés à tous les coins de rues, la ville de Seattle, aux États-Unis, affiche aujourd’hui plus de 60% de taux de survie. Et pour en finir avec les idées reçues, les arrêts cardiaques qui touchent autant les hommes que les femmes ne concernent pas seulement nos anciens. La moyenne d'âge des victimes est d'environ 60 ans, et même de 40 ans chez les sportifs amateurs.

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May 14 2022

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L’Europe de la cyberdéfense

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Si depuis l’offensive Russe en Ukraine, le « cyber Pearl Harbor » tant redouté n'a pas fait la Une de l’actualité, les assauts contre les infrastructures numériques de l’Ukraine et incidemment dans le reste de l’Europe ont bien été constatés. C’est la raison pour laquelle les organisateurs de la 4e édition du Paris Cyber Summit du 11 mai ont décidé d’inviter 300 décideurs européens et représentants politiques de 15 nationalités, afin d’analyser les conséquences de cette guerre, dite hybride, qui se propage lentement mais sûrement dans le monde.

Le jour de l'entrée en guerre en Ukraine, beaucoup de spécialistes s'attendaient à ce que la Russie lance une attaque informatique de grande ampleur. Si ce conflit hybride mondialisé n'a pas eu lieu pour l'instant, la conflictualité dans l’espace cyber est pourtant bien réelle avec une recrudescence des attaques contre des infrastructures critiques européennes. Un conflit qui se propage aussi sur le terrain de la désinformation en contaminant tous les réseaux sociaux.

Sommes-nous témoins de la première cyberguerre en Europe ? Telle est la question sur laquelle vont se pencher 300 décideurs européens et représentants politiques de 15 nationalités, dont le vice-Premier ministre ukrainien chargé du Numérique, lors du Paris Cyber Summit du 11 et 12 mai prochain. L’Europe de la cyberdéfense se met en ordre de bataille, nous précise Sébastien Garnault organisateur du Paris Cyber Summit : 

« Dans l’espace cyber lié au conflit, on constate que deux fronts se sont ouverts. L’un, qualifié de technologique, permet de réaliser des actions de sabotages pour abimer les capacités matérielles de l’ennemi. Un autre front est apparu, celui de l’information en ligne avec cette bataille d’influence sur les réseaux sociaux qui fait rage, dont l’objectif est de remporter auprès des populations, la guerre de l’opinion. Ce cyber-conflit ne se limite pas au territoire de l’Ukraine et concerne toute l’Europe.

Mais les pays de l’UE sont confrontés aux mêmes difficultés, notamment celles de la compétence des personnels chargés de la cybersécurité, ils font face aussi à des problèmes d’éducation de leur population concernant l’importance de la protection des données personnelles comme celles des entreprises ou encore éprouvent des difficultés à mettre en place une transformation numérique de leur pays. C’est la raison pour laquelle nous avons invité la plupart des décideurs européens du numérique au Paris Cyber Summit pour trouver ensemble des solutions.

La guerre en Ukraine nous a donné un dramatique exemple de ce qui pourrait advenir si on ne parvient pas à unir nos efforts. On constate avec ce conflit que, oui ! On doit faire front commun, car oui, les Européens font face à des menaces communes. Mais en revanche, nous ne sommes pas totalement prêts, au niveau européen, à se lancer dans un conflit ouvert dans le cyberespace. Une guerre hybride pour laquelle chaque pays devrait normalement apporter sa part. »

Au sein de cette Europe de la cyberdéfense, la France aura l’avantage de posséder déjà ses propres dispositifs capables de parer des menaces informatiques qui seraient dirigées contre ses infrastructures étatiques. Depuis 2018, les militaires ont à leur disposition des systèmes d’attaques dans l’espace cyber pour mener, par exemple, des représailles directement dans le pays d’un éventuel agresseur. Les forces françaises sont constituées de plus de 3 600 cyber-combattants et la France prévoit le recrutement de 1 000 spécialistes supplémentaires et de porter leur nombre à 5 000 d’ici 2025. Son maillon faible, comme dans les autres pays européens, se situe toutefois au niveau de la société civile avec des entreprises privées, des hôpitaux ou encore des collectivités locales qui subissent quotidiennement les assauts de pirates informatiques.

► À lire aussi : La France inaugure son «Campus Cyber» pour lutter contre la cybercriminalité

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May 07 2022

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Malawi, Kenya, Jordanie: quand les réfugiés se forment aux métiers du numérique

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Pour développer leurs systèmes informatiques, les entreprises du monde entier font largement appel à des travailleurs indépendants. Mais ces « freelances du numérique » peinent à satisfaire les demandes de sociétés engagées dans la course à la dématérialisation de leurs activités. C’est pourquoi une association française a décidé de valoriser le potentiel des publics sans emploi, mais aussi celui de personnes réfugiées dans plusieurs pays, à travers des formations aux métiers du numérique.

Les modules de formation aux métiers et à l’utilisation du numérique délivrés par l’association Konexio ont comme objectif de favoriser une insertion socio-professionnelle durable auprès de publics qui se retrouvent éloignés de l’emploi et de combattre une exclusion numérique qui ne cesse de croître dans le monde, selon le dernier rapport de l’Organisation des Nations unies. L’association dispense ses programmes de formation à l’international auprès des personnes réfugiées ou déplacées. Cette initiative est soutenue par de nombreuses ONG, des partenaires privés et par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

Les formations se déroulent toujours au plus près des populations vulnérables dans les pays. Les premières sessions ont débuté en 2019 au Malawi dans le camp de Dzaleka et ont été reconduites en 2022 pour donner naissance à la troisième promotion d’apprenants. D’autres modules sont en cours de déploiement au Kenya afin de former spécifiquement 240 femmes réfugiées.

Et dès le mois de juillet, ce sera en Jordanie, à l’intention de réfugiés, mais aussi des personnes exclues du marché du travail, nous précise Jean Guo, fondatrice de Konexio. « Afin d’adapter au mieux ces parcours de formation, nous commençons toujours par un diagnostic des compétences de base de nos apprenants pour comprendre quels seraient les emplois qu’ils aimeraient occuper. Ce qui nous permet ensuite de les aider pendant le tout le processus de formation.

Nos enseignements peuvent concerner les domaines techniques des métiers du numérique, du traitement des données, jusqu’au codage informatique des systèmes d’informations ou être capable de créer de nouvelles applications pour les services en ligne des entreprises. Nos étudiants peuvent aussi se former aux outils bureautiques pour trouver un emploi ou plus simplement apprendre à rédiger des courriels. »
Intensifier la lutte contre l'exclusion numérique
« Concrètement, le rôle de Konexio est de fournir tous les outils pédagogiques et les matériels dont nos partenaires locaux ont besoin pour organiser dans les pays ces formations. Notre objectif est d’aider nos apprenants à acquérir une autonomie financière. Cette inclusion sociale à l’aide du numérique profitera aussi à leurs proches ou à leurs familles.

Nous citons souvent l’exemple de Stan, réfugié dans un camp au Malawi qui est devenu récemment lui-même un formateur. Les compétences en informatique qu’il a obtenues lui ont fourni de premières opportunités économiques : il s’est marié et a acheté son logement… Et c’est exactement l’objectif que nous poursuivons avec ces formations : offrir une perspective à tous les exclus du numérique dans le monde. »

Konexio milite aussi pour la reconnaissance d’un droit universel à la formation numérique. L’association constate, par ailleurs, que la plupart des lois locales sur le travail, dans les pays dans lesquels elle mène ses actions, ne sont pas toujours favorables aux réfugiés ou aux migrants. Elle rappelle également que ses programmes de formation s’adressent sans distinction à toutes les personnes marginalisées et quel que soit leur pays d’origine. Et afin d’intensifier ses actions, Konexio a l’intention de s’implanter d’ici à 5 ans dans 10 pays et 40 villes subissant de plein fouet ce fléau mondial de l’exclusion numérique.

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Apr 30 2022

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Aquaverse, remporte le Grand Prix Netexplo 2022

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L’Observatoire Netexplo a remis son grand prix de l’innovation 2022 à la jeune pousse française Aquaverse. Ce projet a pour objectif de dépolluer les océans à l’aide des éponges de mer qui ont la faculté de filtrer et se nourrir des métaux lourds et du plastique qui contaminent les milieux marins.

Chaque année, en partenariat avec l’Unesco, le forum Netexplo, dévoile et récompense des innovations numériques qui ont été créées dans le monde entier. Le thème de 2022 était une invitation à découvrir notre futur proche et des technologies qui œuvrent en faveur de l’environnement.

Le Grand Prix a été décerné à la jeune pousse française Aquaverse lancée en 2018 par Dolian Barkallah. L’objectif de la société est de nettoyer les océans à l’aide d’un vaste réseau de fermes aquacoles flottantes remplies d’éponges de mer qui sont connues pour leurs formidables propriétés dépolluantes. Et afin de financer ce vaste programme environnemental, Aquaverse a mis en vente sur son site web depuis février, une collection de 9 999 NFT. Ces titres de propriétés numériques qui attestent du caractère unique d’un bien, offrent aux internautes de gérer un portefeuille virtuel d’éponges de mer.
Concilier écologie et cryptomonnaies
Cette initiative permet ainsi de concilier des technologies inventées à l’origine pour les crypto-monnaies, avec l'écologie, nous précise Sylvain Louradour, directeur de la création et porte-parole des innovations de l'Observatoire Netexplo. 
La jeune pousse Aquaverse a réussi à associer un procédé ancestral de filtration des eaux polluées en employant des éponges de mer, avec les nouvelles technologies du web 3 dont font partie les NFT. Ces titres de propriétés numériques garantissent que vous êtes l’unique propriétaire d’un objet virtuel ou concret. Les NFT d’Aquaverse sont constitués d’une série graphique de personnages 3D dénommés “les gardiens des océans” qui ressemblent un peu à des personnages de dessins animés mais avec des têtes en forme d’éponges. Ces œuvres d’art numérique “tokenisés”, c’est-à-dire converties en “tokens” ou jetons, représentent une valeur financière qui vous permet d’accéder aux places de marchés pour spéculer et selon leur cours et gagner de l’argent.
Puis Sylvain Louradour ajoute : « Les NFT d’Aquaverse utilisent la même technologie, dénommée la chaîne de blocs, qui permet de stocker les données des cryptomonnaies dans un registre numérique sécurisé. Des monnaies virtuelles qui sont à la base même du modèle économique d’Aquaverse. Ce recours aux NFT est de plus en plus utilisé comme un levier essentiel du déploiement du web 3. Ils garantissent aux jeunes pousses naissantes des levées de fonds immédiates ainsi que des moyens de développement très puissants et aux investisseurs de pouvoir contrôler et choisir des projets qui leur apparaissent financièrement prometteurs, et surtout conforment aux valeurs humaines qu’ils partageraient avec ces jeunes sociétés. » 
Des éponges utilisées comme isolants thermiques
Les premières fermes aquacoles flottantes d’éponges de mer verront le jour en Tanzanie et en Tunisie. Concrètement, ces organismes marins seront élevés dans différents bassins pour digérer la pollution locale. Une fois l'eau nettoyée, les éponges seront elles-mêmes purifiées et traitées en conséquence pour être commercialisées. Elles permettront de réaliser des isolants thermiques et bien d’autres produits pour l’industrie agro-textile.

Rappelons que les éponges de mer sont des animaux, et non des plantes. Cependant, sans système nerveux, digestif, ou circulatoire, ni même d’organes, elles poussent, se reproduisent et survivent à la manière des végétaux sur notre bonne vieille Terre, depuis probablement un milliard d’années.

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Apr 23 2022

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Des mini-fusées françaises pour les nano-satellites

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Le secteur mondial du spatial peine actuellement à répondre aux demandes de lancements des nano-satellites à usages commerciaux. Afin de pouvoir les acheminer le plus rapidement possible en orbite basse terrestre, une jeune pousse française a décidé de développer des micro-lanceurs et des moteurs de fusées imprimés en 3D.

Transporter jusqu’à 100 kg de nano-satellites à 600 km d’altitude à l’aide d’un petit lanceur de 17 m de haut est le défi technologique que s’est lancé la jeune pousse française Venture Orbital Systems en 2019. Le siège de la société est à Poitiers et ses usines de montages sont installées dans la région de Reims. L’objectif de l’entreprise est de répondre à l’importante production d’appareils orbitaux pas plus gros qu’une boîte à chaussure.

Actuellement, ces microsatellites restent à quai pendant des mois, avant de pouvoir embarquer à bord de charters coûteux, dans des lanceurs gigantesques, complètement inadaptés à leurs tailles. Avec des « moteur-fusée » entièrement imprimés en 3D métal, le mini-lanceur Zéphyr permettra, dès 2024, de réduire les coûts et les délais de l’acheminement en orbite basse terrestre de ces nano-satellites, nous précise Stanislas Maximin, PDG et co-fondateur de Venture Orbital Systems.
Un premier envoi sur orbite « programmé fin 2024 »
« Pour répondre à la demande croissante des envois de nano-satellitesm nous avons développé le mini-lanceur Zéphyr qui est adapté à leurs petites tailles », explique Stanislas Maximin. « Avec cette fusée, nous serons en capacité de réaliser plus 50 lancements par an. Nos mini-lanceurs sont des fusées qui sont à la fois très simples et très complexes. Tous les lanceurs, petits ou grands, sont constitués principalement par ce que l’on nomme un moteur-fusée. Cette pièce centrale va permettre d’accélérer des gaz, en l’occurrence pour le Zéphyr, ils proviennent des réservoirs d’oxygène liquide et de kérosène liquéfié également. Des gaz qui passeront par le moteur à des vitesses très élevées et à de très fortes températures afin de créer la poussée permettant à la fusée de s’arracher du sol. »

Puis il ajoute : « La configuration d’une fusée est toujours la même, on peut la résumer ainsi : un moteur surmontant deux gros réservoirs. Mais comme vous opérez à des vitesses assez extraordinaires et dans des environnements extrêmes qui sont ceux de l’espace, l’engin est bardé d’électronique pour éviter notamment les pannes du moteur et assurer son vol en automatique. C’est là où se situe toute la difficulté pour concevoir un lanceur efficace », détaille Stanislas Maximin. « Nos développements technologiques ont permis de réduire amplement la complexité d’un moteur-fusée, qui est habituellement constitué de milliers de pièces. Nous l’imprimons en 3D métal en seulement 3 composants à assembler. Cette méthode nous permet de réduire considérablement les coûts de sa fabrication et donc les délais de lancements. Le premier envoi orbital est programmé fin 2024, mais nous allons mener d’ici là toute une batterie de tests et des essais au sol sur le mini-lanceur Zéphyr pour valider tous les composants de la fusée », affirme le PDG.
Pour de nouveaux services de communication et la collecte de données
Avec le lancement de milliers de nano-satellites à usages commerciaux, les entreprises pourront accéder à une abondance de données provenant de l’espace. Ces mini-satellites à tout faire permettront de créer de nouveaux services de communication de type internet, de concevoir des applications innovantes de collecte et de traitement des informations récupérées.

La production en série de mini-lanceurs adaptés aux nano-satellites assurera le déploiement rapidement des constellations orbitales des systèmes GPS, afin que nos smartphones profitent pleinement d’une géolocalisation sans faille.

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Apr 16 2022

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IA et imagerie satellitaire, domaine d’excellence du renseignement français

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Les très nombreux satellites en orbite autour de la Terre fournissent des renseignements précieux sur des conflits majeurs comme celui de la guerre en Ukraine. Chaque jour, des milliers de ces clichés satellitaires sont récupérés par les services du renseignement français. Ces images sont analysées à l’aide des programmes d’intelligence artificielle développés par une jeune société française.

Dans le domaine du renseignement militaire, la France dispose de logiciels d’analyses des clichés satellitaires considérés par les experts internationaux comme étant les plus performants du monde.

Les programmes d’intelligence artificielle développés par la jeune société française Preligens, créée en 2016, permettent aux agents du renseignement français de décrypter aujourd'hui en quelques minutes des milliers d’images issues de satellites, alors que ces opérations prenaient auparavant plusieurs jours. Ces dispositifs sont capables, après analyse des clichés, de lancer des alertes sur l’évolution d’une situation de crise. « Ces logiciels détectent automatiquement tous les objets d’intérêt militaire », nous précise Eve Arakelian directrice de communication et marketing de Preligens.
Des objets détectés en quelques secondes
« Ces logiciels très spécialisés sont en capacité de détecter en quelques secondes sur une image satellitaire des objets d’intérêt militaire. C’est la raison pour laquelle nous travaillons exclusivement avec le renseignement. Les objets en question peuvent être des avions, des navires, des blindés, des systèmes de défense anti-aérien ou encore le nombre de tentes dans des camps de réfugiés, afin d’estimer les évolutions d’une situation de crise, par exemple.

Mais ce qui est important de comprendre est que notre société n’a aucun accès aux données souveraines des services de la défense et du renseignement militaire. Et pour entraîner nos algorithmes de reconnaissance visuelle, nous achetons des images satellitaires de très bonnes résolutions issues par exemple de la constellation Néo et Pléiade d’Airbus ou encore auprès de la société américaine Maxxar. Et une fois entraînés, nous installons nos programmes d’intelligence artificielle dans les ordinateurs des agents du renseignement qui les utiliseront sur des clichés satellitaires que nous n’aurons jamais consultés, poursuit Eve Arakelian.

Nous fournissons nos solutions d’analyses des images géo-spatiales principalement à la France, mais nous travaillons également avec les États-Unis, le Royaume-Uni, le Japon et également avec les agences du renseignement de l’Otan. Enfin, nous avons développé un programme équivalant au sein de l’Union européenne. »            
Preuves de massacres
Les programmes de la jeune société Preligens sont, sans aucun doute, mis à contribution pour analyser en détail les images satellitaires de la guerre en Ukraine. Des informations qui sont, la plupart du temps, classifiées pour des raisons évidentes de discrétion, afin de mener efficacement des opérations de contre-espionnage.

Certaines de ces données géospatiales ont toutefois été publiées, notamment par des agences de presse et des médias américains, permettant aux internautes d’examiner les mouvements des troupes, d’identifier des colonnes de chars. Les clichés satellitaires du conflit ont aussi révélé l’étendue des destructions dans le pays et ont fourni les premiers éléments de preuves concernant les massacres de civils qui ont été perpétrés par des militaires Russes.

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Apr 09 2022

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La cyberarmée ukrainienne automatise ses attaques contre la Russie

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Afin d’intensifier ses opérations de riposte en ligne, la cyberarmée ukrainienne propose aux internautes du monde entier de télécharger un logiciel qui facilite et automatise les cyberattaques contre la Russie.

La cyberarmée ukrainienne, montée en quelques jours après l’invasion du pays, a permis de recruter plus de 300 000 « hacktivistes » du monde entier. Ces mercenaires 2.0 ont pour mission de perturber les infrastructures informatiques de la Russie, mais aussi celles de la Biélorussie.

Jusqu'à présent, le commandement de l’ITAU, qui est le sigle représentant cette force d’intervention électronique, désignait en passant principalement par la messagerie cryptée Telegram les cibles que les apprentis pirates devaient attaquer en priorité. Mais depuis quelques jours, la cyberarmée ukrainienne a décidé d’innover, en proposant aux internautes de télécharger un nouvel outil numérique sur leur ordinateur personnel qui permet d’automatiser les cyberattaques.

« En suivant les instructions et en exécutant ce logiciel, vous obtenez automatiquement le statut d’une unité de nos forces informatiques prête au combat ! », explique le ministre ukrainien du Numérique.

Mais « installer ce type programme inconnu dans votre ordinateur serait une très mauvaise idée », estime Danien Bancal, fondateur du site Web Zataz.com, spécialisé en cybercriminalité et cybersécurité.

« Cette cyberarmée propose plusieurs outils numériques aux internautes. Elle a commencé par fournir les adresses internet à attaquer. Ensuite elle a publié des sites spécialisés sur lesquels les internautes, en restant connecté, envoyaient depuis leur ordinateur des requêtes "d’attaques" massives contre les infrastructures informatiques de la Russie, affirme le fondateur de Zataz.com. Et depuis quelques jours, le commandement de la cyberarmée ukrainienne propose de télécharger un logiciel d’attaque automatique puis de l’installer directement sur son ordinateur.

Le risque pour les utilisateurs est de fournir à ce programme les ressources de sa machine et de sa connexion sans aucun moyen de contrôle. Votre ordinateur a toutes les chances de devenir un boot, un zombie entre les mains de pirates informatiques et rien ne garantit que le gestionnaire de ce logiciel qui se met à jour automatiquement ne soit lui-même victime de piratage. »
Risques de rançongiciel
« Des cybercriminels russes, indonésiens, français ou encore belges désirant voler vos données ou vous rançonner, pourraient très bien prendre la main sur ce logiciel, et du coup prendre aussi la main sur votre ordinateur pour détourner les actions que votre machine va mener. Clairement, il faut arrêter de vouloir participer, de son salon, à une cyberguerre qui peut avoir des conséquences dramatiques pour vous, mais également pour les infrastructures critiques et numériques de votre pays, rappelle encore Damien Bancal.

Les autorités chargées de la cybersécurité estiment que ces activités de piratage sont illégales et représentent un risque juridique pour leurs auteurs. Et attention aussi aux représailles directes à votre encontre quand des pirates pro-russes considéreront comme cobelligérants et dont les missions sont de saboter des sites gouvernementaux, de voler des données confidentielles, de faire du chantage aux entreprises, prévient encore le spécialiste. Par ailleurs, les amateurs qui s’improvisent en cybersoldats devraient comprendre très vite que la guerre en Ukraine, même numérique, n’est pas du tout un jeu vidéo. »

Le site Web Zataz.com a déjà identifié 90 « groupes » de ces pirates amateurs qui se sont lancés dans des actions de cyberguérilla. Cinquante-six se revendiquent pro-ukrainiens et 34 agissent pour le compte de la Russie. Mais un nouveau groupe sous une bannière chinoise est apparu récemment, vient de remarquer l’organisation Curated Intelligence.  

Impossible toutefois de déterminer si ces attaquants opèrent au nom de l’un ou l’autre camp. Sans doute pour les deux à la fois ou tout simplement pour leur propre compte.

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Apr 02 2022

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